Collège de sociocritique de Montréal


Colloque

«Portrait de l’homme de lettres en héros.
La dialectique de la bravoure et de l’écriture»

Colloque international
organisé par le Collège de sociocritique de Montréal
et le Département des lettres françaises de l’Université d’Ottawa

Université d’Ottawa
Pavillon Simard, salle 129

27-28 octobre 2005


 

Programme et résumés des communications

L’écriture et la pensée de l’homme de lettres (intellectuel, littéraire, philosophe ou savant) ont souvent été considérées comme des armes. Elles ont été associées au courage et à la force du guerrier, à la grandeur d’âme et à l’abnégation qui font l’étoffe des héros les plus romanesques. Un imaginaire de l’héroïcité et de la quête a de la sorte servi à affirmer la valeur prépondérante du fait intellectuel et littéraire, de la critique et de leur expression publique. C’est cet imaginaire héroïque de l’écriture et son déploiement à travers les siècles qui seront les objets de notre réflexion. Quels sens peut prendre par exemple l’héroïsme de l’homme de lettres au Moyen Âge, à la Renaissance et sous l’Ancien Régime ? La perception du poète comme prophète au XIXe siècle a-t-elle mené à la naissance de la catégorie de l’intellectuel moderne ? Quels liens peuvent être tissés entre la création d’un héros intellectuel dans la fiction et la stratégie que l’écrivain ou l’artiste élabore afin de se positionner dans le champ littéraire de son époque ? Le Collège de sociocritique de Montréal et le Département des lettres de l’Université d’Ottawa ont organisé ce colloque, dont l’objectif est d’examiner des situations et des œuvres dans lesquelles les figures du Héros et du Penseur se fondent en une seule.

9 h 30
Allocution d’ouverture

Première séance, 27 octobre 2005
Paradigmes de l’héroïsme au Moyen Âge et sous l’Ancien Régime
Présidente : Dominique Lafon (Université d’Ottawa)

9 h 45
Mawy Bouchard, Université d’Ottawa
L’héroïsme est-il un humanisme ?

L’héroïsme — de l’homme de lettres en particulier, de l’intellectuel en général — est-il indissociable de l’«humanisme», entendu comme une idéologie qui accorde toute préséance au savoir et aux capacités artistiques et intellectuelles de l’être humain ? L’héroïsme cesse-t-il d’être concevable dès que les «humanités» perdent de leur valeur dans une société ? Les écrivains participeraient-ils eux-mêmes à cette dévaluation de l’héroïsme en projetant dans leur œuvre leurs désillusions et leur scepticisme ? La représentation du héros littéraire cesse-t-elle d’avoir partie liée avec les acquis de l’humanisme à partir du moment où justement l’homme de lettres démissionne lui-même de ses fonctions de héros ? L’examen de quelques cas célèbres, de Lorenzo Valla à François Rabelais, de Gracian à Beaumarchais, nous mènera à interroger la pertinence de l’héritage humaniste pour la culture contemporaine.

10 h 15
Marion Uhlig, Université de Neuchâtel
Le «Cheval de la langue» : héroïsme et art d’écrire dans Galeran de Bretagne de Renaut

La tradition romanesque des XIIe et XIIIe siècles fait un usage massif du prologue. Les écrivains, et en particulier Chrétien de Troyes, élisent les entrées en texte comme le lieu de légitimation privilégié de leurs œuvres. Or le prologue manquant de Galeran de Bretagne, roman d’aventure du début du XIIIe siècle, nous prive de renseignements sur les intentions poétiques du trouvère Renaut. Ce sont donc les aventures des personnages, dans ce roman, qui reflètent la poétique de l’œuvre. Les prouesses héroïques de Galeran, le héros, proposent le reflet des arts rhétoriques qui sous-tendent la création romanesque. Grâce à la densité métaphorique du vocabulaire, les images de la chevauchée et du combat se soumettent en effet à l’expression de l’éloquence. Mais, dans ce texte qui paraît associer l’excellence du guerrier à celle du clerc, le talent musical de l’héroïne et sa dextérité à manier l’aiguille revêtent eux aussi une fonction particulière. On tentera de montrer comment, au sein d’un roman d’amour, la représentation d’un couple amoureux influence l’analogie entre écrivain et héros.

10 h 40
Barbara Selmeci, Université de Neuchâtel
«Pourquoi je prête l’oreille à mille petites nouvelles indifférentes, lors même que je suis prêt à combattre ?» Le héros et l’homme de lettres dans Artamène ou le Grand Cyrus

S’il a pour toile de fond les conquêtes militaires du «Vainqueur de toute l’Asie», le roman de Madeleine de Scudéry, Artamène ou le Grand Cyrus (1649-1653), met également en scène de nombreux personnages d’hommes et de femmes de lettres, tels Solon, Ésope ou Sapho, qui prônent une culture pacifiée, sous l’égide des belles-lettres. Dans le cadre de cette communication, on interrogera les enjeux sociopoétiques véhiculés par ces figures lettrées au cœur d’un roman d’inspiration épique, dont la publication est contemporaine des troubles de la Fronde, ainsi que les stratégies romanesques qui président au dépassement de l’héroïsme martial et à l’avènement d’un imaginaire héroïque de l’écriture.

11 h 20
Stéphane Zékian, Université Paris IV–Sorbonne
La militarisation de la mémoire littéraire : le cas du «général Boileau» sous l’Empire

En usant régulièrement d’une imagerie ouvertement militaire pour désigner l’œuvre du «Législateur du Parnasse», les Éloges de Boileau lus à l’Institut national sous le premier Empire semblent prendre à contrepied le modèle du «grand homme» laissé en héritage par les Lumières. À l’encontre des valeurs guerrières et presque surhumaines longtemps véhiculées par les types classiques d’«hommes illustres», ce nouveau modèle privilégiait, en effet, des valeurs beaucoup plus domestiques, l’exercice modeste d’une vertu quotidienne se substituant aux prouesses extraordinaires accomplies sur le champ de bataille. On voudrait analyser les sens possibles de cette captation d’attributs guerriers par la mémoire littéraire, au moment même où Napoléon promeut, avec la création de la Légion d’honneur, un nouveau type de distinction nationale.

Deuxième séance, 27 octobre 2005
Écrivains héroïques du XIXe siècle
Président : Anthony Glinoer, Université Laval

14 h 30
Mélanie Leroy-Terquem, Université Paris IV–Sorbonne
Les soldats inconnus de la bataille romantique : la fonction des «petits romantiques français» dans la fabrique de l’histoire littéraire

La métaphore de l’armée romantique, née dans les années 1820, sous-tend le discours tenu sur le romantisme par les chroniqueurs, mémorialistes et historiens de la littérature tout au long du XIXe siècle : dans cette armée, une place singulière est faite aux soldats inconnus ou oubliés que l’on regroupera ensuite sous l’appellation de «petits romantiques». En analysant l’évolution de cette métaphore militaire dans le discours historique, il s’agit de voir comment l’histoire littéraire, telle qu’elle est théorisée et pratiquée au tournant des XIXe et XXe siècles, envisage le rôle des auteurs romantiques secondaires et, plus largement, quelle fonction elle octroie à la littérature mineure.

15 h
Pierre Popovic, Université de Montréal
Seul contre tous : Paulin Gagne

Selon un mécanisme d’inversion typique, le déclassé des lettres idéalise le rejet dont il se sent la cible et transmute sa disqualification en malédiction sublime ou en indice probatoire d’un talent que la postérité lui reconnaîtra. Chez un fou littéraire aussi déjanté que Paulin Gagne, les choses prennent cependant une tournure singulière. Il y a en effet que Gagne ne doute pas. C’est ridendo qu’il veut castigare mores, rien de moins, et tout semble laisser croire que, plus l’institution reste sourde, plus il crée dans une jubilation suractive. Loin de le plonger dans le ressentiment, son exclusion symbolique le vibrionne, car elle reste pour lui l’affaire des autres, tant pis pour eux. Portrait d’une écriture patafoliante : Paulin Gagne, seul contre tous mais ravi, au moment de l’Unitéide (1857).

15 h 45
Véronique Roy, Université d’Ottawa
Le roman québécois du XIXe siècle : chroniques d’un écrivain honteux

Au XIXe siècle, l’élite intellectuelle québécoise a voulu faire de ses romanciers des promoteurs de l’identité nationale, dont l’œuvre viendrait célébrer les hauts faits historiques du pays et vanter la piété de ses habitants. S’ils endossent cette image en jouant la carte du nationalisme et de la moralité, notamment dans leurs préfaces, nos romanciers demeurent toutefois sensibles à d’autres représentations de l’écrivain, qu’ils explorent par la mise en scène d’écrivains fictifs. Ce sont ces personnages qui seront ici examinés en tant que porteurs d’un discours original sur la littérature et le statut d’écrivain au Québec, en ce XIXe siècle pourtant si orthodoxe.

16 h 15
Maxime Prévost, Université d’Ottawa
Arthur Conan Doyle : la signature de l’homme d’honneur

Cette communication évoquera quelques prises de position publiques d’Arthur Conan Doyle en s’intéressant à l’ethos qui s’en dégage : l’intellectuel ne sera digne de s’engager dans la Cité que s’il se distingue comme homme d’honneur. Il lui faudra livrer avec la plume des batailles qui engagent non seulement l’ensemble de son être, mais encore et surtout l’honneur national, dont il se veut le digne représentant. On observera que, dans une logique contraire à la thèse que développe Pierre Bourdieu dans la conclusion des Règles de l’art, l’action politique de Doyle ne s’est révélée efficace qu’à partir du moment où il s’est éloigné des lois du champ littéraire, désertant «les plans supérieurs de la littérature» au profit du pôle de la grande production.

Troisième séance, 28 octobre 2005
Héros sartriens et antisartriens
Présidente : Lucie Joubert, Université d’Ottawa

9 h 30
Yan Hamel, Université d’Ottawa
Entre Richard Wright et Mathieu Delarue ou comment en découdre avec M. Benda

Dans Qu’est-ce que la littérature ?, Jean-Paul Sartre pourfend Julien Benda; il prend violemment à partie l’écrivain français, impitoyablement catalogué «l’écrivain le plus bourgeois du monde». Le romancier américain en général et Richard Wright en particulier apparaissent de leur côté comme des prolétaires qui ont un jour décidé de prendre la plume. Ils sont du coup érigés en modèles par excellence d’un héroïsme paradoxal du «n’importe qui». Dès lors, comment expliquer que les hommes de lettres mis en scène par le philosophe existentialiste dans ses œuvres de fiction ne parviennent jamais à délaisser leur position d’intellectuels bourgeois afin de devenir «n’importe qui» ? C’est en confrontant ces deux aspects apparemment contradictoires de l’œuvre sartrienne qu’on tentera de déterminer dans quelle mesure elle promeut ou non l’héroïsme de l’homme de lettres.

10 h
David Vrydaghs, Université de Liège
L’intellectuel est une star, ou les raisons de l’échec de la stratégie identitaire de Guillaume Dustan dans le champ français (2000-2004)

En signalant que «personne n’a[vait] dit qu’[il était] un intellectuel», l’écrivain français Guillaume Dustan (né en 1965) exprime la sanction prononcée par la critique littéraire dans son ensemble à l’égard de la stratégie qu’il avait élaborée à partir de Nicolas Page (2000). Dans ce texte et ceux qui l’ont suivi, Dustan mêlait progressivement les figures de la star, du héros et de l’intellectuel aux fins d’imposer une nouvelle définition de l’engagement en littérature. En combinant les méthodes de la sociologie du champ littéraire et de la sociocritique des textes, on s’interrogera ici sur les raisons structurelles de cet échec.

10 h 30
Julie Boulanger, Université de Montréal
Manipulation de la figure de l’écrivain héroïque dans la tétralogie des bombes de Louis-Ferdinand Céline

Si l’on s’entend pour dire que Céline s’éloigne en tous points d’une quelconque figure héroïque de l’écrivain, de Semmelweis à Rigodon, l’héroïsme ne hante pas moins son œuvre romanesque. Alors que Bardamu défend la lâcheté dans Voyage au bout de la nuit, Céline s’autoproclame héros dans la «tétralogie des bombes». Il s’y approprie et subvertit le discours sur l’héroïsme. D’abord à l’aide de la figure du médecin qui, comme Ignác Semmelweis, plonge dans les cadavres au risque d’une contamination, de la figure du traître qui accède au rang de héros, puis à travers l’élaboration d’une définition de l’écriture comme geste héroïque. On tentera d’examiner à la fois cette permutation et la constitution d’une figure héroïque dans la tétralogie des bombes.

11 h 15
Christian Milat, Université d’Ottawa
Robbe-Grillet, Prométhée et Sisyphe écrivains

Bien qu’il refuse l’engagement sartrien, Alain Robbe-Grillet, nouveau Prométhée, se donne, en minant les structures et les trames narratives, la fonction sociale de faire de son lecteur un homme nouveau, lui-même futur créateur d’un nouveau monde. Ainsi condamné à écrire indéfiniment à partir de fragments qui se dérobent et se combattent sans cesse, Robbe-Grillet s’inflige le châtiment réservé à Sisyphe, mais c’est finalement dans cette quête impossible que résident la liberté et, partant, la grandeur de l’écrivain.

11 h 45
Sylvain David, Université Concordia
D’un commun désaccord. «Héros négatifs» et communauté(s) du refus dans l’œuvre de Cioran

Dans le recueil Précis de décomposition (1949), Cioran remarque : «Et si nous sommes les héros négatifs d’un Âge trop mûr, par ce fait même nous en sommes les contemporains : trahir son temps ou en être le fervent, exprime — sous une contradiction apparente — un même acte de participation.» Pourquoi cette revendication d’une attitude d’opposition et de refus s’énonce-t-elle au «nous» ? Et que penser d’une communauté de héros, «négatifs» de surcroît ? C’est à ces questions que tentera de répondre cette communication, afin de réfléchir au rôle ou à la fonction du penseur, au sein de la collectivité, en une époque où des valeurs singulières, individuelles, comme la négativité, l’abstention et le désistement font (plus souvent qu’autrement) figure d’ultime forme d’authenticité.

Quatrième séance, 28 octobre 2005
Construction de modèles héroïques dans la littérature
Président : Robert Yergeau, Université d’Ottawa

14 h
Martine-Emmanuelle Lapointe, Université McGill
Jake, Joshua et Barney, intellectuels et transfuges. Le paradoxal héroïsme des personnages de Mordecai Richler

Dans ses recueils d’essais, Mordecai Richler dénonce de manière souvent virulente l’embrigadement forcé de l’écrivain, les protectionnismes culturels et l’enthousiasme parfois trompeur des universitaires en mal de classiques. Cette communication portera plus précisément sur les romans St. Urbain’s Horseman (1971), Joshua Then and Now (1980) et Barney’s Version (1997), dans lesquels les héros richleriens — Jake, Joshua et Barney — adoptent à l’égard des institutions culturelles une attitude similaire à celle de Richler l’essayiste. Il s’agira pour l’essentiel d’esquisser les portraits de ces singuliers justiciers qui prétendent révéler les hypocrisies des sociétés trop policées, mais qui oublient parfois de considérer leurs propres démissions.

14 h 30
Alexandre Trudel, Université de Montréal
Sur un étrange héros de l’antilittérature : les stratégies textuelles de Guy Debord

Surtout dans son œuvre mémorialiste, le révolutionnaire français Guy Debord offre l’image d’un certain type d’héroïsme littéraire. Se fantasmant comme un des derniers survivants de la corruption généralisée du monde moderne, Debord s’imagine en véritable héros-bandit des lettres, transposant dans l’écriture une vie entièrement vouée à l’avant-garde radicale. Dans le sillage des Confessions de Rousseau, Debord décide donc de revenir sur les traces de sa vie clandestine pour les donner comme preuves du caractère héroïque de sa personnalité unique. Dans cette communication, on explorera les stratégies textuelles employées par Debord dans ces autoportraits que sont In girum imus nocte et consumimur igni (1978) et Panégyrique (1989).

15 h 15
Björn-Olav Dozo, Université de Liège
Le héros dans les revues littéraires après la Première Guerre mondiale : une représentation au service d’une littérature nationale belge

En 1919, au sortir de la guerre, une revue littéraire (la Bataille littéraire) publie des biographies d’écrivains jugés glorieux. Dès le premier portrait, le vocabulaire descriptif appartient au registre des hauts faits d’arme : la littérature est le lieu du combat. La métaphore de l’écrivain héroïque contribue dès lors à mettre en place l’image d’une Belgique vaillante, qui se doit d’honorer ses héros après la guerre, quel que soit leur domaine d’activité. D’un autre côté, des signes de plus en plus concrets de scission linguistique apparaissent; le début des années 1920 est donc une période de basculement entre le mythe d’une Belgique unitaire et des tensions communautaires qui s’affirment, période durant laquelle la figure de l’écrivain héroïque joue un rôle marqué, au service d’un des partis en présence.

15 h 45
Marie-Pier Luneau, Université de Sherbrooke
Si j’étais Hemingway… De la mystique du demi-dieu dans la construction de la figure de l’écrivain québécois (1960-2000)

À l’instar de Jim qui rêve par moments, dans le Vieux Chagrin, d’avoir la force d’Hemingway, plusieurs auteurs semblent fascinés par le modèle de l’écrivain viril aux capacités surhumaines. Le «portrait de l’homme de lettres en héros» n’est pas rare en littérature, tant dans la fiction que dans le péritexte. À cet égard, l’entrevue journalistique n’est-elle pas un lieu tout indiqué pour observer comment se fabrique cette figure de héros qu’endossent, bon gré mal gré, nombre d’écrivains ? En analysant les entrevues accordées par deux monuments de la littérature du Québec (Anne Hébert et Jacques Godbout), cette communication vise à cerner la fabrication de deux figures héroïques qui ont pourtant déployé des stratégies opposées pour atteindre la légitimité comme écrivains.

16 h 15
Vin d’honneur
Offert par le Département des lettres françaises de l’Université d’Ottawa

Le colloque «Portrait de l’homme de lettres en héros : la dialectique de la bravoure et de l’écriture» est placé sous la responsabilité scientifique de Mawy Bouchard, Christine Poirier et Yan Hamel. Il bénéficie du soutien du Département des lettres françaises, de la Faculté des arts et de la Faculté des études supérieures et postdoctorales de l’Université d’Ottawa. Les organisateurs souhaitent ici remercier chaleureusement tous ceux et celles qui leur ont offert leur appui moral et scientifique, tout particulièrement Michel Biron, Anthony Glinoer, Rainier Grutman, Lucie Joubert, Dominique Lafon, Marcel Olscamp et Robert Yergeau.

 


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