Collège de sociocritique de Montréal

Colloque «De la pioche à la plume

Travail, littérature et discours social»


Université de Montréal
26 et 27 octobre 2006


Appel de communications


L’activité littéraire, en tant que fait social qui mobilise le temps, l’effort et les facultés intellectuelles d’une partie de la population, a souvent été pensée par le biais de concepts généralement attribués au travail. Parallèlement, le labeur a longtemps fait l’objet de représentations et de thématisations au sein de la production littéraire occidentale. Plus encore, les liens unissant la littérature au travail se manifestent jusque dans les présupposés méthodologiques de la sociocritique, laquelle est fondée sur le postulat voulant que le texte littéraire «travaille» l’idéologie et le discours social en l’incorporant et la soumettant à un objectif esthétique.

À travers les oppositions bien connues entre l’inspiration et le travail du style, le génie et le tâcheron, l’élite oisive et le prolétariat, se construit un imaginaire du travail dont participe une interrogation sur le métier d’écrivain, l’acte d’écriture et les institutions de la vie littéraire. Dans le cadre de son prochain colloque, le Collège de sociocritique de Montréal invite les participants à réfléchir aux questions et problèmes suivants :

• Selon quelles modalités et dans quels buts le fait littéraire a-t-il pu, au fil des époques, être pensé grâce aux concepts issus du domaine du travail (technique, savoir-faire, outil, matériau, ouvrage, etc.) ? Comment le vocabulaire du travail a-t-il été repris et métaphorisé pour exprimer la réalité du métier littéraire (être un artisan de la langue, forger le style, ciseler des phrases, etc.) ?

• Dans un état de société donné, en quoi les sociabilités littéraires reproduisent-elles — ou ne reproduisent-elles pas — le mode de rassemblement en vigueur dans le domaine du travail (compagnonnage, syndicalisation, etc.) ?

• Dans quelle mesure les changements de visage du labeur — à la suite de bouleversements tels que la révolution industrielle ou la révolution informatique, par exemple — entraînent-ils une redéfinition des pratiques littéraires ?

• De quelle manière certains courants idéologiques instrumentalisent-ils le thème du travail pour exprimer leurs revendications (littérature prolétarienne et ouvrière, propagande, etc.) ?

• Le genre retenu par l’écrivain agit-il sur la thématisation du travail ? Représente-t-on différemment le labeur dans un poème ou un roman, dans un pamphlet ou une chanson ?

Sans restreindre sa perspective à une période, à un genre ou à une littérature particulière, le colloque sera ouvert aux études qui abordent des questions de ce type du point de vue de la sociocritique, de l’analyse du discours et de la sociologie de la vie littéraire. Les propositions de communication d’environ 250 mots doivent parvenir avant le 1er juin 2006 à l’adresse électronique suivante : plumeetpioche@hotmail.com.

Responsables :

Luc Breton
Émilie Brière
Marie-Josée Charest

plumeetpioche@hotmail.com


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