FRA 1003, Histoire de la littérature, 2003-2004

Benoît Melançon, Département d'études françaises, Université de Montréal


Séance du 21 octobre 2003


I. La Renaissance


Plan

Introduction

1. L’invention de la Renaissance

2. Rupture et retour

Rupture
Retour
3. Le rôle de l’imprimerie
Gutenberg a-t-il inventé l’imprimerie ?
Son apport ?
Quels effets ?
4. Géographies de la Renaissance
L’Ancien Monde
Le Nouveau Monde
5. Commentaire du texte de Rabelais

Conclusion

Littérature…
…française…
de la Renaissance

Sources

Demonet-Launay, Marie-Luce, XVIe siècle. 1460-1610, Paris, Bordas, coll. «Histoire de la littérature française», 1988, 225 p.

Kushner, Eva, «Déconstruction et reconstruction de l’histoire littéraire : l’exemple de la Renaissance», dans Clément Moisan (édit.), l’Histoire littéraire. Théories, méthodes, pratiques, Québec, Presses de l’Université Laval, 1989, p. 227-239. [UDM / BLSH / PN 441 / H57 / 1989]

Lestringant, Frank, Josiane Rieu et Alexandre Tarrête, Littérature française du XVIe siècle, Paris, Presses universitaires de France, coll. «Premier cycle», 2000, xviii/503 p. [UDM / BLSH / En traitement]

Rabelais, Pantagruel, Paris, Seuil, coll. «Points», P 288, 1996, 340 p. Édition établie, annotée et préfacée par Guy Demerson. Texte original établi par Michel Renaud et les chercheurs du laboratoire Equil XVI de l’université Blaise-Pascal. Avec une translation de Guy Demerson. Textes latins établis, présentés, annotés et traduits par Geneviève Demerson. [UDM / BLSH / PQ 1683 / P2 / 1996]


Roue de lecture

Roue de lecture, dans Diverse et Artificiose Machine, 1588, Mary Evans Picture Library/Institution of Civil Engineers, source : <http://www.pitt.edu/~marsa/cv/cvimages/wheel2.jpg>.


II. Peut-on faire l'histoire de la lecture ?


Introduction — une question nouvelle

1. La phénoménologie de la lecture

Certeau, Michel de, l’Invention du quotidien. Arts de faire, Paris, Union générale d’éditions, coll. «10/18», 1363, 1980, 374 p. [UDM / BLSH / GN 320 / C47]
2. La sociologie des lecteurs
Escarpit, Robert, la Sociologie de la littérature, Paris, Presses universitaires de France, coll. «Que sais-je ?», 777, 1973 (5e édition), 127 p. [UDM / BLSH / PN 51 / E74 / 1973]
3. La représentation de la lecture en littérature
Chartier, Roger, «Loisir et sociabilité : lire à haute voix dans l’Europe moderne», Littératures classiques, 12, janvier 1990, p. 127-147. [UDM / BLSH / PÉR]

Goulemot, Jean M., Ces livres qu’on ne lit que d’une main. Lecture et lecteurs de livres pornographiques au XVIIIe siècle, Paris, Minerve, 1994 (deuxième édition revue, augmentée et corrigée), 182 p. Ill. [UDM / BLSH /PN 3448 / E76 / G68 / 1991]

4. La lecture et les autres arts
Manguel, Alberto, Une histoire de la lecture, Arles et Montréal, Actes Sud et Leméac, 1998, 428 p. Ill. Traduction de Christine Le Bœuf. [UDM /
BLSH / Z 1003 / M354812 / 1998]
 
 

Tableau de Jean-Francois de Troy

Jean-François de Troy (1679-1752), la Lecture de Molière, Grande-Bretagne, collection particulière, source : <http://www.ibiblio.org/wm/paint/auth/troy/troy.reading.jpg>.

5. Les types de lecture
1. La lecture intensive

2. La lecture extensive

Engelsing, Rolf, Der Bürger als Leser : Lesergeschichte in Deutschland 1500-1800, Stuttgart, 1974.
3. La lecture intimiste ou effusive
Goulemot, Jean M. et Didier Masseau, «Lettres au grand homme ou Quand les lecteurs écrivent», dans Mireille Bossis (édit.), la Lettre à la croisée de l’individuel et du social, Paris, Kimé, coll. «Détours littéraires», 1994, p. 39-47. [UDM / BLSH / PN 4400 / L486 / 1994]
4. Broutage / Furetage / Chasse
Heyer, Mark, «The Creative Challenge of CD-ROM», dans Steve Lambert et Suzanne Ropiequet (édit.), CD-ROM. The New Papyrus. The Current and Future State of the Art, Redmond, Microsoft Press, 1986, p. 347-357. [UDM / EBSI / Z 286 / O68 / C395 / 1986]

Vandendorpe, Christian, «De la lecture sur papyrus à la lecture sur codex électronique», les Futurs possibles du livre,  2002. Actes numériques du colloque des 15 et 16 novembre 2001, Montréal, Grande bibliothèque du Québec, 15 p. URL : <http://www.bnquebec.ca/fr/biblio/bib%5Facte.htm>.

6. La matérialité de la lecture (Roger Chartier)
1. Où lit-on ?

2. Que lit-on ? Quel objet ?

3. Qui lit ? De quelle façon ?

7. Les études de réception
1. Au sens traditionnel
Candel, Danielle, «Une vision de la langue en 1967 : le premier Petit Robert et ses lecteurs», dans Monique C. Cormier, Aline Francœur et Jean-Claude Boulanger (édit.), les Dictionnaires Le Robert. Genèse et évolution, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, coll. «Paramètres», 2003, p. 110-132.

Penke, Olga, «La réception polémique des Pensées philosophiques au XVIIIe siècle en Hongrie», dans les Ennemis de Diderot. Actes du colloque organisé par la Société Diderot. Paris, Hôtel de Sully. 25-26 octobre 1991, Paris, Klincksieck, coll. «Actes et colloques», 35, 1993, p. 127-137. [UDM / BLSH / PQ 1979 / E55 / 1993]

2. L’esthétique de la réception
Jauss, Hans Robert, Pour une esthétique de la réception, Paris, Gallimard, coll. «Bibliothèque des idées», 1978, 305 p. Traduit de l’allemand par Claude Maillard. Préface de Jean Starobinski. [UDM / BLSH /  PN 45 / J2812]
3. L’apport de l’informatique
The Reading Experience Database (RED) 1450-1914 : <http://www.open.ac.uk/Arts/RED/>
Conclusion


Lanson et la lecture

Lanson, Gustave, «La méthode de l’histoire littéraire» (1910), dans Essais de méthode, de critique et d’histoire littéraire, édités par Henri Peyre, Paris, Hachette, 1965, 479 p., p. 31-56. [UDM / BLSH / 840.9 / L295e]

«Les chefs-d’œuvre sont donc bien l’axe de notre étude, ou, si l’on veut, ils marquent pour nous autant de centres d’études. Mais n’entendons pas ce mot de chef-d’œuvre dans un sens actuel ou subjectif. Ce n’est pas seulement ce qui est chef-d’œuvre pour nous, pour nos contemporains, qu’il faut étudier : c’est tout ce qui fut chef-d’œuvre à un moment donné, toutes les œuvres où un public français a reconnu son idéal de beauté, de bonté ou d’énergie. Pourquoi y en a-t-il qui ont perdu leur propriété active ? Sont-ce des étoiles éteintes ? ou avons-nous aujourd’hui des yeux qui ne sont plus sensibles à certains rayons ? Notre affaire est de comprendre même ces œuvres mortes […]» (p. 34-35).

«Quel a été le succès, et quelle a été l’influence de l’œuvre ? L’influence ne coïncide pas toujours avec le succès. La détermination de l’influence littéraire n’est qu’une étude de sources renversée : on l’obtient par les mêmes méthodes. Celle de l’influence sociale est plus importante encore, et plus difficile aussi à constater. La bibliographie des éditions et réimpressions fait apparaître la circulation du livre : on la saisit au point de départ, chez le libraire. Les catalogues des bibliothèques privées, les inventaires après décès, les catalogues de cabinets de lecture, nous la montrent aux points d’arrivée : on voit quelles personnes, au moins quelles classes et quelles régions le livre a touchées dans sa diffusion. Enfin les comptes rendus de la presse, les correspondances particulières, les journaux intimes, parfois des annotations de lecteurs, parfois des débats législatifs, des polémiques de presse, ou des affaires judiciaires, apportent des renseignements sur la manière dont le livre a été lu, et sur les dépôts qu’il a laissés dans les esprits» (p. 45).


Flaubert et la censure

Flaubert, Gustave, Madame Bovary, chronologie et préface par Jacques Suffel, Paris, Garnier-Flammarion, coll. «GF», 86, 1966, 441 p., p. 268-270.

«Un gamin polissonnait sur le parvis :

— Va me chercher un fiacre !

L’enfant partit comme une balle, par la rue des Quatre-Vents; alors ils restèrent seuls quelques minutes face à face et un peu embarrassés.

— Ah ! Léon !… Vraiment… je ne sais… si je dois… !

Elle minaudait. Puis, d’un air sérieux :

— C’est très inconvenant, savez-vous ?

— En quoi ? répliqua le clerc. Cela se fait à Paris !

Et cette parole, comme un irrésistible argument, la détermina.

Cependant le fiacre n’arrivait pas. Léon avait peur qu’elle ne rentrât dans l’église. Enfin le fiacre parut.

— Sortez du moins par le portail du nord ! leur cria le suisse, qui était resté sur le seuil, pour voir la Résurrection, le Jugement dernier, le Paradis, le Roi David et les Réprouvés dans les flammes d’enfer.

— Où Monsieur va-t-il ? demanda le cocher.

— Où vous voudrez ! dit Léon poussant Emma dans la voiture.

Et la lourde machine se mit en route

Elle descendit la rue Grand-Pont, traversa la place des Arts, le quai Napoléon, le pont Neuf et s’arrêta court devant la statue de Pierre Corneille.

— Continuez ! fit une voix qui sortait de l’intérieur.

La voiture repartit, et, se laissant, dès le carrefour La Fayette, emporter par la descente, elle entra au grand galop dans la gare du chemin de fer.

— Non, tout droit ! cria la même voix.

Le fiacre sortit des grilles, et bientôt, arrivé sur le cours, trotta doucement, au milieu des grands ormes. Le cocher s’essuya le front, mit son chapeau de cuir entre ses jambes et poussa la voiture en dehors des contre-allées, au bord de l’eau, près du gazon.

Elle alla le long de la rivière, sur le chemin de halage pavé de cailloux secs, et, longtemps, du côté d’Oyssel, au delà des îles.

Mais, tout à coup, elle s’élança d’un bond à travers Quatremares, Sotteville, la Grande-Chaussée, la rue d’Elbeuf, et fit sa troisième halte devant le Jardin des Plantes.

— Marchez donc ! s’écria la voix plus furieusement.

Et aussitôt, reprenant sa course, elle passa par Saint-Sever, par le quai des Curandiers, par le quai aux Meules, encore une fois par le pont, par la place du Champ-de-Mars et derrière les jardins de l’hôpital, où des vieillards en veste noire se promènent au soleil, le long d’une terrasse toute verdie par des lierres. Elle remonta le boulevard Bouvreuil, parcourut le boulevard Cauchoise, puis tout le Mont-Riboudet jusqu’à la côte de Deville.

Elle revint; et alors, sans parti pris ni direction, au hasard, elle vagabonda. On la vit à Saint-Pol, à Lescure, au mont Gargan, à la Rouge-Mare et place du Gaillard-bois; rue Maladrerie, rue Dinanderie, devant Saint-Romain, Saint-Vivien, Saint-Maclou, Saint-Nicaise, — devant la Douane, — à la Basse-Vieille-Tour, aux Trois-Pipes et au Cimetière Monumental. De temps à autre, le cocher, sur son siège, jetait aux cabarets des regards désespérés. Il ne comprenait pas quelle fureur de la locomotion poussait ces individus à ne vouloir point s’arrêter. Il essayait quelquefois, et aussitôt il entendait derrière lui partir des exclamations de colère. Alors il cinglait de plus belle ses deux rosses tout en sueur, mais sans prendre garde aux cahots, accrochant par-ci, par-là, ne s’en souciant, démoralisé, et presque pleurant de soif, de fatigue et de tristesse.

Et sur le port, au milieu des camions et des barriques, et dans les rues, au coin des bornes, les bourgeois ouvraient de grands yeux ébahis devant cette chose si extraordinaire en province, une voiture à stores tendus, et qui apparaissait ainsi continuellement, plus close qu’un tombeau et ballottée comme un navire.

Une fois, au milieu du jour, en pleine campagne, au moment où le soleil dardait le plus fort contre les vieilles lanternes argentées, une main nue passa sous les petits rideaux de toile jaune et jeta des déchirures de papier, qui se dispersèrent au vent et s’abattirent plus loin, comme des papillons blancs, sur un champ de trèfles rouges tout en fleur.

Puis vers six heures, la voiture s’arrêta dans une ruelle du quartier Beauvoisine, et une femme en descendit qui marchait le voile baissé, sans détourner la tête.»

Sur cette scène, voir Yvan Leclerc, Crimes écrits. La littérature en procès au 19e siècle, Paris, Plon, 1991, 447 p.


Sources

Chartier, Roger, «La fin du livre-roi», le Monde, 9 juin 1995, p. I.

Chartier, Roger, «Lecteurs et lectures à l'âge de la textualité électronique», textes du colloque virtuel «text-e», Bibliothèque publique d'information, Centre Pompidou (Paris), 15 octobre 2001. Disponible dans Internet : <http://www.text-e.org/conf/index.cfm?ConfText_ID=5>. Repris dans Text-e, le texte à l’heure de l’Internet, Paris, BPI, coll. «Études et recherche», 2003.

Chartier, Roger, le Livre en révolutions. Entretiens avec Jean Lebrun, Paris, Textuel, 1997, 159 p. Ill. [UDM / EBSI / Z 1003 / C39 / 1997]

Darnton, Robert, «How to Read a Book», The New York Review of Books, 6 juin 1996, p. 52-57.

Goulemot, Jean M., «Histoire littéraire et histoire de la lecture», dans Roger Chartier (édit.), Histoires de la lecture. Un bilan des recherches, Paris, IMEC éditions et Éditions de la Maison des sciences de l’homme, coll. «In Octavo», 1995, p. 221-226. [UDM / BLSH / Z 1003 / H573 / 1995]

Manguel, Alberto, Une histoire de la lecture, Arles et Montréal, Actes Sud et Leméac, 1998, 428 p. Ill. Traduction de Christine Le Bœuf. [UDM / BLSH / Z 1003 / M354812 / 1998]

Melançon, Benoît, «Histoires de lire : demain, aujourd’hui, hier», dans les Futurs possibles du livre, Actes numériques du colloque des 15 et 16 novembre 2001, Montréal, Grande bibliothèque du Québec, 2002, 16 p. URL : <http://www.bnquebec.ca/fr/biblio/bib%5Facte.htm>. Repris dans Christian Vandendorpe et Denis Bachand (édit.), Hypertextes. Espaces virtuels de lecture et d’écriture, Québec, Éditions Nota Bene, coll. «Littérature(s)», 25, 2002, p. 77-87. [UDM / BLSH / En traitement]

O’Donnell, James J., Avatars of the Word : From Papyrus to Cyberspace, Cambridge et Londres, Harvard University Press, 2000 (1998), xii/210 p. [UDM / EBSI / P 96 / T42 / O36 / 1998]

Vandendorpe, Christian, Du papyrus à l’hypertexte. Essai sur les mutations du texte et de la lecture, Montréal, Boréal, 1999, 271 p. Ill. [UDM / EBSI / P 211 / V36 / 1999]

Vandendorpe, Christian, «Livre virtuel ou codex numérique ? Les nouveaux prétendants», Bulletin des bibliothèques de France, 45, 6, 2000, p. 17-22. [UDM / EBSI / PÉR] URL :
<http://bbf.enssib.fr/bbf/html/2000_45_6/2000-6-p17-vandendorpe.xml.asp>.

Vandendorpe, Christian, «De la lecture sur papyrus à la lecture sur codex électronique», les Futurs possibles du livre,  2002. Actes numériques du colloque des 15 et 16 novembre 2001, Montréal, Grande bibliothèque du Québec, 15 p. URL : <http://www.bnquebec.ca/fr/biblio/bib%5Facte.htm>.


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