FRA 1003, Histoire de la littérature, 2001-2002

Benoît Melançon, Département d'études françaises, Université de Montréal


Séance du 4 septembre 2001


Melançon, Robert, Élisabeth Nardout-Lafarge et Stéphane Vachon (édit.)
le Portatif d’histoire littéraire, Montréal, Université de Montréal, Département d’études françaises, coll. «Paragraphes», 15, 1998, xxv/697 p.

Quatre parties

1. Introduction

2. Choix de textes (425 pages, 34 textes)

On y trouve des textes d’auteurs dont vous entendrez souvent le nom en classe :

Barthes,

Brunetière,

Escarpit,

Genette,

Jauss,

Lanson,

G.-A. Vachon,

Vernier,

etc.

3. Bibliographie (225 pages)

Bibliographie commentée de textes sur l’histoire de la littérature

Près de 700 titres

4. Série d’index et de tables

Divers

Conçu par trois professeurs du Département d’études françaises

Ouvrage de référence   Ouvrage d’approfondissement

Pas un manuel    Ouvrage à consulter au besoin

Pas une lecture obligatoire  35 $

BLSH = Périodiques
  * Réserve


Quelle est l’histoire de l’histoire de la littérature ?

Sources

Escarpit, Robert, «Histoire de l’histoire de la littérature», dans Raymond Queneau (édit.), Histoire des littératures. III. Littératures françaises, connexes et marginales, Paris, Gallimard, coll. «Encyclopédie de la Pléiade», 7, 1978 (nouvelle édition), p. 1747-1826.

Melançon, Robert, Élisabeth Nardout-Lafarge et Stéphane Vachon (édit.), le Portatif d’histoire littéraire, Montréal, Université de Montréal, Département d’études françaises, coll. «Paragraphes», 15, 1998, xxv/697 p.

Plan

Introduction

A. Deux remarques préliminaires — Histoire et littérature

Remarque 1 — Histoire lexicale
Remarque 2 — Un objet relatif

B. De l’Antiquité au XVIIIe siècle

Introduction

1. Le monde grec (~ VIe siècle - ~ IIe siècle)

1. La critique littéraire
2. L’histoire
3. L’histoire de la littérature ?
4. Le catalogue

2. Rome (~Ier siècle - Ve siècle)

1. La biographie
2. L’histoire
3. Le catalogue

3. Le Moyen Âge (476-1453)

4. La Renaissance

1. Le récit
2. Le nationalisme linguistique
3. La Réforme
4. L’imprimerie

5. Le XVIIe siècle

1. La critique littéraire
2. La Querelle des Anciens et des Modernes

6. Le XVIIIe siècle

1. Le progrès
2. Le doute
3. Le récit
4. La nouvelle définition de la littérature

Conclusion de cette section

1. Une lente transformation
2. Érudition et conservation

C. Les XIXe et XXe siècles

1. Le XIXe siècle

1. Des changements structurels profonds
2. L’histoire comme discipline
3. Le progrès vertu cardinale
4. La montée des nationalismes

1. Un mouvement généralisé
2. Sa définition
3. Nationalisme et enseignement

Synthèse

2. Le XXe siècle

Gustave Lanson

1. L’histoire de la littérature et l’histoire de la civilisation
2. L’histoire de la littérature et son objet
3. L’histoire de la littérature et la méthode scientifique
4. L’histoire de la littérature et la sociologie
5. L’histoire de la littérature et ses savoirs
6. L’histoire de la littérature et l’impressionnisme

Après Lanson

La crise structuraliste

Aujourd’hui

1. La persistance de l’histoire de la littérature
2. Le succès de l’histoire
3. De nouvelles techniques
4. De nouvelles approches
5. De nouveaux objets
6. Le retour du balancier

Conclusion


Dom Rivet de la Grange, «Préface» (1733), Histoire littéraire des bénédictins de Saint-Maur

«Tous ceux de la nation dont on a connoissance, et qui ont laissé quelque monument de literature, y trouveront place, tant ceux dont les écrits sont perdus, que ceux dont les ouvrages nous restent, en quelque langue et sur quelque sujet qu’ils aient écrit. Il nous a même paru que nôtre dessein demandoit d’y comprendre aussi les gens de letres, qui à cela près qu’ils n’ont point fait, que l’on sache, usage de leur plume, n’ont pas laissé ou d’exceller dans les sciences, ou de briller dans le monde savant» (texte reproduit dans Robert Melançon, Élisabeth Nardout-Lafarge et Stéphane Vachon [édit.], le Portatif d’histoire littéraire, Montréal, Université de Montréal, Département d’études françaises, coll. «Paragraphes», 15, 1998, xxv/697, p. 42).


Désiré Nisard, Histoire de la littérature française, 1844

«l’histoire d’une littérature est l’histoire de ce qui n’a pas cessé, dans les œuvres littéraires d’une nation, d’être vrai, vivant, d’agir sur les âmes, et de faire partie essentielle et permanente de l’enseignement public. Mais cela même, n’est-ce pas le fonds, n’est-ce pas l’âme de la nation ? § Ce que nous avons à étudier, à caractériser avec précision, c’est le fonds même, c’est l’âme de notre France, telle qu’elle se manifeste dans les écrits qui subsistent. C’est cet esprit français qui est une de ces plus grandes puissances du monde moderne» (texte reproduit dans Robert Melançon, Élisabeth Nardout-Lafarge et Stéphane Vachon [édit.], le Portatif d’histoire littéraire, Montréal, Université de Montréal, Département d’études françaises, coll. «Paragraphes», 15, 1998, xxv/697, p. 92).


Febvre, Lucien, «De Lanson à Mornet : un renoncement ?», dans Combats pour l’histoire, Paris, Armand Colin, 1953, p. 263-268.

«Une “histoire historique”, pour [Lanson], cela veut dire ou voudrait dire l’histoire d’une littérature, à une époque donnée, dans ses rapports avec la vie sociale de cette époque. […] Il faudrait, pour l’écrire, reconstituer le milieu, se demander qui écrivait, et pour qui, qui lisait, et pourquoi; il faudrait savoir quelle formation avaient reçu, au collège ou ailleurs, les écrivains — et quelle formation, pareillement leurs lecteurs […] il faudrait savoir quel succès obtenaient et ceux-ci et ceux-là, quelle était l’étendue de ce succès et sa profondeur; il faudrait mettre en liaison les changements d’habitude, de goût, d’écriture et de préoccupation des écrivains avec les vicissitudes de la politique, avec les transformations de la mentalité religieuse, avec les évolutions de la vie sociale, avec les changements de la mode artistique et du goût, etc.» (p. 264).


Lanson, Gustave, «Le quinzième siècle (1420-1515)», dans  Histoire de la littérature française, Paris, Librairie Hachette, 1912 (douzième édition revue), xviii/1204 p.

«Le XVe siècle continue et développe les caractères du XIVe : épuisement, dissolution, ou monstrueuse déviation des principes vitaux du moyen âge, intermittente et comme inquiète éclosion de quelques bourgeons nouveaux, effort incomplet et encore entravé des formes futures vers la vie.

1. Charles d’Orléans

Les premières années du règne de Charles VII appartiennent surtout au groupe des humanistes qui commencent à épeler avec un accent nouveau les auteurs tant de fois compilés et cités par le pédantisme des siècles précédents. Ne nous arrêtons pas à l’excellente Christine Pisan, bonne fille, bonne épouse, bonne mère, du reste un des plus authentiques bas-bleus [une pédante] qu’il y ait dans notre littérature, la première de cette insupportable lignée de femmes auteurs, à qui nul ouvrage sur aucun sujet ne coûte, et qui pendant toute la vie que Dieu leur prête, n’ont affaire que de multiplier les preuves de leur infatigable facilité, égale à leur universelle médiocrité. Il faut l’estimer, étant Italienne, d’avoir eu le cœur français, et d’avoir rendu un dévouement sincère et désintéressé aux rois et au pays dont longtemps les bienfaits l’avaient nourrie; le cas n’est pas si fréquent. Elle y a gagné du reste d’avoir écrit dans de beaux élans d’affection émue cinq ou six strophes ou pages qui méritent de vivre. Cette Italienne qui sait le latin a quelque souci de la phrase, et quelque sentiment des beaux développements largement étoffés» (p. 166-167).


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