Site de Benoît Melançon / Collection «Socius»

La collection «Socius / Littérature, art, discours, société» accueille des ouvrages dans lesquels les interactions de la culture et de la société sont centrales. Publiée par les Presses de l’Université de Montréal, elle est dirigée par Benoît Melançon du Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal.

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Dernière mise à jour : 22 septembre 2017

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Ouvrages de la collection

  • Bleton, Paul et Mario Poirier, le Vagabond stoïque. Louis Hémon, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2004, 261 p. ISBN : 2-7606-1955-9. (29,95 $ / 27 euros)



Couverture de Michel Biron (2000) Biron, Michel, l’Absence du maître. Saint-Denys Garneau, Ferron, Ducharme, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2000, 320 p. ISBN : 2-7606-1788-2. (29,95 $ / 23 euros)
  Prix Jean-Éthier-Blais de la fondation Lionel-Groulx, 2001

Finaliste, prix du Gouverneur général du Canada, 2001

Prix de l’Association des professeurs de français des universités et collèges du Canada, 2002

Finaliste, prix de l’essai Spirale, 2002


Quatrième de couverture

La modernité québécoise est-elle caractérisée par une absence du maître ? Voilà la question à partir de laquelle sont relues ici les œuvres de Saint-Denys Garneau, de Jacques Ferron et de Réjean Ducharme.

Pour y répondre, Michel Biron a lu attentivement leurs principales œuvres à l’aide de la sociocritique des textes et de l’anthropologie. Le concept de «liminarité», ainsi que l’a pensé Victor W. Turner, lui permet de jeter un éclairage nouveau sur ces classiques de la littérature québécoise. Chez eux, les bords sont peuplés, mais le centre, lui, est vide; cette étonnante géographie suppose des communautés qui ne le sont pas moins.

Garneau, Ferron et Ducharme imaginent une société en creux, un espace de communication soumis aux lois de l’amitié plutôt qu’à un système hiérarchisé. La littérature s’offre à eux tel un terrain vague, un «grand loisir» (Ferron) où rien n’est vraiment interdit. À la littérature comme institution et à l’histoire comme série de ruptures, l’écrivain liminaire, qui refuse d’être un «homme de lettres» (Ducharme), oppose l’écriture comme «commencement perpétuel» (Garneau). Il ne se reconnaît plus de maîtres. Mais en a-t-il jamais eus ?

Michel Biron enseigne la littérature à l’Université du Québec à Montréal. Il a publié la Modernité belge (1994), le Roman célibataire (avec Jacques Dubois, Jean-Pierre Bertrand et Jeannine Paque, 1996) et Un livre dont vous êtes l’intellectuel (avec Pierre Popovic, 1998).

Table des matières

Remerciements

Introduction Format PDF

Chapitre 1 Format PDF
Une littérature liminaire

L’autonomie très relative de la littérature québécoise

Géographie de la solitude

Chapitre 2
Saint-Denys Garneau : la scène du poème

Une momie à abattre : le Parnasse

Portrait de groupe

Une configuration épistolaire

La nature et le poète

L’espace illimité du poème

Chapitre 3
Jacques Ferron : la fête de la littérature

Ferron et la Révolution tranquille

La littérature au téléphone

Le grand loisir

Le ciel de Ferron

Le bon et le mauvais côté des choses

Le fils engendre le père

La fête de la littérature : suite et fin

Chapitre 4
Réjean Ducharme : loin du milieu

Au centre, le personnage

Comprendre Mille Milles

Moi contre le reste

Le rire de Ducharme

La société ou rien

Tusseuls ensembes

Prendre le dessous

La flouve

Conclusion

Index Format PDF

Comptes rendus

Lettres québécoises, 103, automne 2001, p. 46-47 (Michel Gaulin)

Le Devoir, 20-21 octobre 2001, p. D4 (Marie-Andrée Beaudet)

Spirale, 181, novembre-décembre 2001, p. 54-55 (Brigitte Faivre-Duboz et Karim Larose)

Nuit blanche, 87, été 2002 (Jean-Guy Hudon)

Ponti / Ponts. Langues, littératures, civilisations des pays francophones, 2, 2002, p. 279-280 (Nicoletta Dolce)

Globe. Revue internationale d’études québécoises, 5, 1, 2002, p. 183-187 (Pascal Brissette)

Studi Francesi, 138, 46 : 3, septembre-décembre 2002, p. 747-748 (Lucie Picard)

Recherches sociographiques, 43, 3, septembre-décembre 2002 (Jean-Philippe Warren)

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Diffusion et distribution




Courverture de Maxime Prevost (2002) Prévost, Maxime, Rictus romantiques. Politiques du rire chez Victor Hugo, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2002, 373 p. ISBN : 2-7606-1827-7. (29,95 $ / 23 euros)
  Prix de l’Association des professeurs de français des universités et collèges du Canada, 2004

Quatrième de couverture

«Le meurt-de-faim rit, le mendiant rit, le forçat rit, la prostituée rit, l’orphelin, pour mieux gagner sa vie, rit, l’esclave rit, le soldat rit, le peuple rit; la société humaine est faite de telle façon que toutes les perditions, toutes les indigences, toutes les catastrophes, toutes les fièvres, tous les ulcères, toutes les agonies, se résolvent au-dessus du gouffre en une épouvantable grimace de joie» (L’homme qui rit, II, IX, 2).

«Les efforts de l’homme pour se procurer de la joie sont parfois dignes de l’attention du philosophe», écrit Victor Hugo dans L’homme qui rit. Comme les autres romantiques, il fait pourtant peser un énorme soupçon sur le rire et sur la gaieté. Les rictus omniprésents sous sa plume et celle de ses contemporains appartiennent tant au sadisme qu’à la souffrance, tant au bourreau qu’à sa victime.

Alors que notre époque se montre friande de bonne humeur, de fêtes, de festivals, Victor Hugo et ses contemporains des quatre coins de l’Europe jugent que la joie est mal à-propos, elle qui résonne au milieu des souffrances populaires. Il peut lui arriver de sourire ou de verser des larmes, mais le héros hugolien ne rit pas, sauf si on l’y oblige.

Doit-on encore lire les romantiques aujourd’hui ? Oui, parce qu’ils nous rappellent qu’il faut résister à la dictature contemporaine de l’allégresse, du rire de force. Voilà pourquoi Rictus romantiques se termine par un «Éloge de la mauvaise humeur».

Maxime Prévost, après des études doctorales à l’Université McGill, est chercheur postdoctoral au Département d’études françaises de l’Université de Montréal. Il a publié des articles dans Discours social, Littératures, Neophilologus, Nineteenth-Century French Studies, Studi Francesi. Rictus romantiques est son premier livre.

Table des matières

Pénombres du rire romantique Format PDF

I. Gaieté perverse et rire de force

II. Discours de la Méthode

La philologie revisitée

Topologie du topos

Du personnage comme lieu commun

De la source au rapprochement

Hugo, ce méconnu

Première partie : la gaieté perverse

Chapitre 1
Le monstre et le bourreau : Han d’Islande

Le choix du noir

L’horreur de l’histoire

Physiologie du monstre

Physiologie du bourreau

Chapitre 2
Le prêtre, le brigand et la foule : Notre-Dame de Paris

«Le livre le plus abominable jamais écrit»

Physiologie du prêtre

Physiologie du brigand

Physiologie de la foule

La foule, embryon du Peuple

Chapitre 3
Le bouffon de cour : Le roi s’amuse

La bataille du Roi s’amuse

Destinées clownesques

Physiologie du bouffon de cour

Triboulet, le bouffon qui ne fait rire personne

L’embryon du rire de force

Deuxième partie : la tristesse des justes

Chapitre 4
Le tyran, le soldat et le peuple : Napoléon le Petit, Châtiments, Histoire d’un crime

Littérature et politique mêlées

Les années 1852 et 1853

Physiologie du tyran

Physiologie du soldat

Physiologie du Peuple

Chapitre 5
Le forçat, la fille de joie, le gamin et le policier : les Misérables, Choses vues

L’horreur du présent

Sue, Hugo et le peuple

L’extension du domaine populaire

L’année 1862

Physiologie du forçat

Physiologie de la fille de joie

Physiologie du gamin

Physiologie du policier

«Par le fait des lois et des mœurs»

Troisième partie : le rire de force

Chapitre 6
Le Diable : la Fin de Satan

Physiologie du Diable

Métaphysique du rire satanique

Politique du rire satanique

Chapitre 7
L’écrivain : William Shakespeare

Le manifeste littéraire du XIXe siècle

Physiologie de l’écrivain

La formation du peuple

Figures du sacre

Contre-figures

Ces «vérités pas bonnes à dire»

Chapitre 8
Le saltimbanque et l’orateur : L’homme qui rit

La grande cime

Ode à la gaieté perverse

Apothéose du rire de force

Consentement de la victime et rébellion

Physiologie du saltimbanque

Physiologie de l’orateur

Gwynplaine stoïcien

Éloge de la mauvaise humeur

De la gaieté perverse au rire de force

Rire pour vrai

Pour une topique historique

Que peut la littérature ?

Textes cités

Index

Comptes rendus

Le Devoir, 7-8 septembre 2002, p. D6 (Marcel Fournier)

Forum (Université de Montréal), 37, 21, 17 février 2003, p. 6 (Dominique Nancy)

Nuit blanche, 91, juin 2003 (Laurent Laplante)

Revue d’histoire littéraire de la France, 103, 3, juillet-septembre 2003, p. 751-753 (Alex Lascar)

Histoires littéraires, 12, 2002, p. 159-160

Studi Francesi, 142, 48 : 1, janvier-avril 2004, p. 210-211 (Judith Wulf)

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Couverture de Michel Lacroix (2004)

Lacroix, Michel, De la beauté comme violence. L’esthétique du fascisme français, 1919-1939, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2004, 390 p. ISBN : 2-7606-1959-1. (34,95 $ / 31 euros)

  Finaliste, Grand Prix France-Québec Jean-Hamelin, 2004

Prix de l’Association des professeurs de français des universités et collèges du Canada, 2005

Prix Raymond-Klibansky de la Fédération canadienne des sciences humaines (2004-2005)


Quatrième de couverture

Y eut-il, entre 1919 et 1939, un fascisme proprement français ? Oui, contrairement à ce qu’affirment depuis longtemps les fascistologues de toutes obédiences. La base de ce fascisme était-elle idéologique ? Non, affirme Michel Lacroix : elle était d’abord esthétique.

Son ouvrage vise à montrer que tout du fascisme naît de l’esthétique ou y aboutit. Les discours, les pratiques symboliques et les textes littéraires ne cessent de le répéter : «Qui dit fascisme dit avant tout beauté» (Benito Mussolini).

Qu’est-ce qu’un chef ou un héros pour les artistes fascistes ? Quelles valeurs cherchent-ils à promouvoir chez les jeunes en Allemagne, en Italie et en France ? À quel spectacle politique consacrent-ils leurs efforts ? Voilà les trois principales questions auxquelles répond Michel Lacroix.

Pour y arriver, il est allé relire Drieu la Rochelle et Céline, mais il s’est aussi intéressé au scoutisme et à l’olympisme, à la sculpture comme au cinéma. C’est ce qui lui a permis de comprendre les rapports troubles du pathos, de l’exhibition, du sublime, de la violence et de la mort dans le fascisme français de l’entre-deux-guerres.

Michel Lacroix est professeur au Département de français de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il a publié des articles sur Louis-Ferdinand Céline, Drieu la Rochelle, Jean Paulhan, Robert Brasillach, les sociabilités intellectuelles au Québec et en France. De la beauté comme violence est son premier livre.

Table des matières

Remerciements

Liste des abréviations

Avant-propos

Introduction Format PDF

I. France, fascisme, esthétique

A. Définir le fascisme

B. Définir une esthétique fasciste

1. Lexique et axiologie

2. Thématique

3. Esthétique fasciste

C. De quelques thèses sur l’esthétique fasciste

1. L’esthétique fasciste, une esthétique totalitaire ?

2. Esthétisation et symbolisme politique

3. France : un fascisme littéraire ?

4. De quelques zones d’ombre

II. Sociocritique et discours social

Chapitre 1
«Ce fort, ce libre, ce héros» : le culte du chef

I. Les faveurs du chef

A. Figures du charisme

B. Le charisme esthétique, ou le grand œuvre du grand homme

1. La violence créatrice

2. Les charmes de la poésie

C. Prophète, sorcier, guerrier : visages du chef

II. «Être héroïque ou périr» : le discours fasciste sur l’héroïsme

A. La statue du héros

1. Le moi et le nous : le chef comme synthèse

2. «Une poignée de chefs dans la main d’un chef»

3. Le don de soi

B. Réminiscences esthétiques

1. Mégalographie

2. «Le roman des grandes existences»

3. L’epos fasciste

III. Le héros de cette histoire...

A. Dissolution et renouveau de l’héroïsme

B. Comédie et exaltation : le chef entre en scène

1. «Après tout, il y a moi»

2. Le «rut héroïque»

3. «La guerre n’est plus la guerre»

4. L’irruption du héros dans l’Histoire

C. À l’ombre du chef : le héros bancal

1. Le rêve de l’homme entier

2. L’intellectuel et le chef

Chapitre 2
Le fascisme en culottes courtes : le discours fasciste sur la jeunesse

I. L’âge de la jeunesse

A. Naissance d’une notion : la jeunesse

B. D’une jeunesse l’autre

C. Muscler et bronzer la jeunesse : l’olympisme

D. L’entre-deux-guerres

E. Les mouvements de jeunesse

II. «La fascisme est jeunesse, donc beauté»

III. Le discours de la jeunesse

A. La jeunesse non conformiste

B. «Rendre son âme à la France» : les mouvements de jeunesse

C. «Fascistes parce que jeunes»

D. La jeunesse à l’extrême droite

IV. Mourir à trente ans : Robert Brasillach

Chapitre 3
«Le défilé de l’orgueil» : le spectacle politique fasciste

I. Le spectacle du pouvoir

A. La place du roi, le corps de la foule

B. Le spectacle de la IIIe République

C. Où la manif se fait fête : le Front populaire

II. Chorégraphies fascistes

III. Le défilé de l’orgueil

A. Coups de foudre fascistes

B. «Oh ! La belle armée !»

C. La foule (en) uniforme

D. Le «dressement» viril

IV. «Ce que j’aime dire : nous» : esthétique fasciste et collectivité

A. Les jeunes nus

B. La danse fasciste

Conclusion
L’esthétique fasciste : «du sang, de la volupté et de la mort»

I. L’esthétique fasciste

A. Une beauté pathétique

B. Une beauté exhibée

C. Une beauté sublime

D. Une beauté violente

E. Une mortelle beauté

II. Kitsch, fascisme, romantisme

III. Pars destruens : fascisme et laideur

IV. Fascisme, esthétique et recyclage

V. Fascisme et littérature

Bibliographie

Index

Comptes rendus

Études littéraires, 36, 3, printemps 2005, p. 139-145 (compte rendu de Sébastien Côté, suivi d’une réponse de Michel Lacroix)

Nuit blanche, 98, printemps 2005, p. 30 (Laurent Laplante)

En tête (Université du Québec à Trois-Rivières), 5, 12, 28 novembre 2005 (Anne-Marie Duquette)

Romanische Forschungen, 117, 4, 2005, p. 537-539 (Frank-Rutger Hausmann)

Lettres romanes, 59, 3-4, 2005, p. 349-352 (Olivier Odaert)

Romanic Review, 97, 1, janvier 2006, p. 94-98 (Robert S. Thornberry)

French Studies, 40, 1, janvier 2006, p. 139-140 (Nicholas Hewitt)

The French Review, 79, 4, mars 2006, p. 856-857 (Jacques Laroche)

Symposium, 60, 2, été 2006, p. 124-126 (Kimberley J. Healey)

University of Toronto Quarterly, 76, 1, hiver 2007, p. 144-152 (Patrick Bergeron)

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Couverture de Paul Bleton et Mario Poirier (2004)

Bleton, Paul et Mario Poirier, le Vagabond stoïque. Louis Hémon, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2004, 261 p. ISBN : 2-7606-1955-9. (29,95 $ / 27 euros)

 

Finaliste, prix Raymond-Klibansky de la Fédération canadienne des sciences humaines (2004-2005)

Finaliste, prix du Gouverneur général du Canada, 2005


Quatrième de couverture

Est-il possible de relire Louis Hémon aujourd’hui ? Peut-on le soustraire à la fixation muséale ? Comment faire pour redynamiser son œuvre, ramenée avec trop de facilité à Maria Chapdelaine ?

Pour arriver à cela, une seule voie : dépayser Hémon. Au lieu de lire son plus célèbre roman comme une œuvre nationale, voire nationaliste, il faut le situer par rapport aux romans régionalistes français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Au lieu de se contenter du romancier, il faut voir comment Louis Hémon, avant bien d’autres, s’insère déjà dans une culture médiatique. Au lieu d’en faire un homme de l’enracinement et du terroir, il faut le voir en passeur culturel, en vagabond, en itinérant.

Et, surtout, il importe de découvrir le poids des relations familiales dans sa vie comme dans son œuvre. Le fils, le frère, le mari, le père — voilà autant de figures qui traversent l’œuvre. En les étudiant, on voit apparaître la contradiction centrale de l’expérience d’un Hémon pris entre son désir de singularité et sa difficulté à se déprendre des liens qui l’enserrent.

Le Louis Hémon de Paul Bleton et Mario Poirier n’est pas celui que la tradition a voulu imposer. Il ne devrait plus jamais l’être.

Paul Bleton est auteur de nombreux essais et articles sur les genres de la littérature sérielle et sur la bande dessinée. Il travaille actuellement sur la fiction militaire. Il est professeur à la Télé-université à Montréal depuis 1982.

Mario Poirier est psychologue clinicien. Il a principalement œuvré dans les milieux communautaires auprès d’une clientèle adulte défavorisée éprouvant des problèmes de santé mentale. Il est professeur régulier de psychologie à la Télé-université et chargé d’enseignement clinique à l’Université de Montréal.

Table des matières

Introduction Format PDF

Paradoxes

À quatre mains…

Chapitre 1
Le fils de l’inspecteur

Félix

Filiation

Pères

Chapitre 2
Les nœuds de l’intimité familiale

Hémon aux siens : le poids des mots

To await arrival

Femmes : mères, vieilles filles, jeunes filles, putains et sœur…

Chapitre 3
Le passeur

Hémon le Britannique

La rupture avec le groupe : un instant décisif

L’interférence

Chapitre 4
Maria Chapdelaine, récit du cas français

Une tradition littéraire française

La campagne de Maria Chapdelaine

Chapitre 5
Communiquer, transmettre

Culture de grande diffusion

Territoire pauvre, souveraineté restreinte et famille souche

Chapitre 6
Corps, nature, culture

Corps de papier

Corps — signe, lien

Corps meurtri

Chapitre 7
«Quelque chose de défectueux dans le mécanisme du monde»

Marche, train

L’écriture comme expérience

Hémon sous la Stoa

Postface
L’itinérant paradoxal

Protestation de liberté et «pathologie» du lien

Penser le déracinement aujourd’hui

Bibliographie

Œuvres

Études

Index

Comptes rendus

Le Devoir, 18-19 septembre 2004, p. F4 (Michel Lapierre)

Culturehebdo.com, novembre 2005

Études littéraires, 37, 1, automne 2005, p. 159-162 (compte rendu de Chantal Bouchard, suivi d’une réponse de Paul Bleton et Mario Poirier)

Acta Fabula, 7, 3, juin-juillet 2006 (Marie-Pierre Andron)

Dalhousie French Studies, 76, automne 2006, p. 171-172 (Alain Nabarra)

COnTEXTES, 10 novembre 2007 (Cécile Vanderpelen-Diagre)

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Diffusion et distribution




Couverture de Pascal Brissette (2005)
Brissette, Pascal, la Malédiction littéraire. Du poète crotté au génie malheureux, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2005, 410 p. Ill. ISBN : 2-7606-1978-8. (34,95 $ / 31 euros)
   

Quatrième de couverture

À quelle époque le malheur est-il devenu une des clés de la réussite pour les gens de lettres ? Quand les écrivains ont-ils commencé à comptabiliser leurs souffrances, puis à les étaler aux yeux du public et de la postérité ? Pourquoi s’est-on mis un jour à croire qu’un écrivain malheureux pouvait être plus vrai, plus authentique, en un mot plus génial, qu’un écrivain tout bêtement heureux ?

Cet ouvrage retrace les origines d’un mythe singulier, celui du poète maudit, que la plupart des critiques ont associé à la seule deuxième moitié du XIXe siècle. Pourtant, bien avant Verlaine ou Baudelaire, des hommes de lettres se sont constitué un «capital malheur» afin d’obtenir la sympathie d’un public sensible aux infortunes des grands hommes. Tout comme Jean-Jacques Rousseau, lui qui aimait dire qu’il avait la «célébrité des malheurs», des écrivains d’origine sociale diverse ont cru, avant le XIXe siècle, que leur persécution, leur pauvreté ou leurs maladies pouvaient s’avérer un excellent atout dans leur lutte pour accéder à la légitimité littéraire. C’est vrai d’inconnus comme Nicolas Gilbert et Victor Escousse, mais également de stars comme Chateaubriand et Hugo.

En analysant leurs stratégies, Pascal Brissette veut montrer que l’association des termes «valeur» et «malheur» n’est pas toujours allée de soi dans le monde des lettres. Il fut un temps où l’écrivain le plus riche, le mieux protégé, le plus adulé, était aussi, et tout naturellement, le plus grand et le plus génial. À une époque, la nôtre, qui croit encore trop souvent qu’un grand écrivain ne saurait être heureux, il faut dire que le mythe de la malédiction littéraire est historique, et qu’il aura une fin.

Pascal Brissette est chercheur postdoctoral au Département d’études françaises de l’Université de Montréal. Il a publié un livre, Nelligan dans tous ses états : un mythe national (Fides, 1998), et des articles (sur Jean-Jacques Rousseau, Nicolas Gilbert, François Lacenaire, Victor Hugo).

Table des matières

Remerciements

Liste des figures

Liste des abréviations et des sigles

Introduction Format PDF

La malédiction littéraire : un objet

La malédiction littéraire : un mythe

Méthode

Première partie. Du malheur des lettrés avant la malédiction littéraire : topiques

Chapitre 1
Les maladies des gens de lettres ou grandeur et misère des mélancoliques

Délire poétique, fureur et mélancolie dans l’Antiquité

Mélancolie et fureur divine dans les traités de Marsile Ficin

La méditation mélancolique et ses dérives au XVIe siècle

De la mélancolie méditative aux maladies des gens de lettres

La mélancolie comme trait distinctif

De la mélancolie au génie

Chapitre 2
De la pauvreté de l’homme de lettres

La pauvreté comme mal : plaintes des auteurs faméliques jusqu’au XVIIIe siècle

La pauvreté ridicule : poète crotté (XVIIe s.) et pauvre diable (XVIIIe s.)

La pauvreté est un scandale : Gilbert et le Génie aux prises avec la fortune

Du bon usage de la pauvreté volontaire : le cas de Rousseau

Chapitre 3
L’homme de lettres comme objet de persécution

Transiger avec l’indicible au Moyen Âge

Un persécuté suppliant : le poète desconforté

Un persécuté dangereux : le grand homme outragé

Un argument particulier : le capital persécution

Morellet : de la Bastille aux salons

Mélancolie, pauvreté, persécution : les topiques du malheur littéraire

Deuxième partie. Des topiques au mythe

Chapitre 4
Deux âmes d’élite à la conquête du capital malheur

Confesser son innocence, expliquer sa destinée : les Confessions de Rousseau

Un mélancolique d’exception

Les Confessions : une apologie

Du privé au public

De deux destins, le plus malheureux

À moi, le malheur : les lettres à Guibert de Julie de Lespinasse

Une mondaine en rupture avec les gens du monde

Né pour le bonheur

Un tournoi d’infortunes

Chapitre 5
Le mythe et l’imaginaire révolutionnaire

Les «Vangeurs du Juste Calomnié»

La nationalisation du culte

Du culte de Rousseau au mythe de la malédiction littéraire

De la Révolution et de ses victimes

Chateaubriand et l’Essai sur les révolutions

L’émigré en société : l’Émigré de Sénac de Meilhan

Placer son argent à perte

Aimer le malheur

Monde à l’endroit, monde à l’envers

Chapitre 6
Poétique du dernier souffle et suicides poétiques : le charnier romantique

Du Philosophe persécuté au Poète malheureux

Par-dessus tous, le génie malheureux

D’Escousse à Chatterton

Un bâtard de Chatterton : Pierre François Lacenaire

Lacenaire, un monstre qui a le ton

Les mots et les crimes

Poète et assassin : un amalgame inacceptable

Chapitre 7
Victor Hugo à Jersey : zoom in sur le poète en exil

La tragique existence de Victor Hugo

Le rocher des Proscrits

Marine Terrace

Le front éclairé

Conclusion

Bibliographie

I. Œuvres citées

II. Textes critiques

Index

Comptes rendus

Histoires littéraires, 23, 2005

Acta Fabula, 6, 2, été 2005 (Myriam Bendhif-Syllas)

Lettres québécoises, 120, hiver 2005, p. 44 (Francis Langevin)

@nalyses, printemps 2006 (David Vrydaghs)

Québec français, 142, été 2006, p. 8 (Jacques Paquin)

French Studies, 40, 3, juillet 2006, p. 398-399 (Michael G. Kelly)

Romantisme, 133, 2006 (David Charles)

COnTEXTES, 14 mars 2007 (Buata Malela)

Romanic Review, 98, 4, novembre 2007, p. 523-525 (Vincent Aurora)

Revue d’histoire littéraire de la France, 108, 4, décembre 2008, p. 975-977 (Jean-Luc Steinmetz)

Le Magazine littéraire, 492, décembre 2009, p. 26 (Laurent Malka)

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Diffusion et distribution



Couverture de Mauricio Segura (2005) Segura, Mauricio, la Faucille et le condor. Le discours français sur l’Amérique latine (1950-1985), Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2005, 247 p. ISBN : 2-7606-1947-8. (29,95 $ / 27 euros)
   

Quatrième de couverture

Qu’est-ce que le tiers-mondisme ? Pour les tenants de ce courant politique, il s’agissait de faire la révolution dans les pays en voie de développement; pour nombre d’auteurs français, il a été, de 1950 à 1985, un discours phare. Désormais raillé, quand il n’est pas oublié, le tiers-mondisme reste pourtant d’actualité, car il annonçait la crise contemporaine des figures de l’intellectuel et du militant. Quarante ans après son apogée, le temps est venu d’analyser, en historien des idées, la rencontre inattendue entre la «faucille» et le «condor», entre une gauche radicale et le cône Sud de l’Amérique latine.

Examinant le tiers-mondisme latino-américain, Mauricio Segura retrace son émergence, son apogée et sa décomposition, et il démonte ses logiques argumentative et narrative. Né de la conjoncture de la Guerre froide, ce complexe idéologique est non seulement le signe du rejet de la politique par les intellectuels sous la Ve République, mais aussi un transfert utopique, la manifestation d’un désir d’exotisme et une réaction contre le féminisme.

Le tiers-mondisme est ici replongé dans le vacarme des discours de la deuxième moitié du XXe siècle. En se penchant sur des essais ou des romans de Sartre, Fanon, Debray, Detrez, Bruckner, mais aussi de Camus, Lévi-Strauss, Aron et Revel, sans oublier les romans de Gérard de Villiers, Mauricio Segura rappelle que si le héros tiers-mondiste court le monde, c’est autant pour saisir l’Autre que pour se comprendre lui-même.

Né en 1969, Mauricio Segura est docteur de l’Université McGill (Montréal). Il a publié plusieurs articles sur les rapports entre les idées politiques et la littérature de la deuxième moitié du XXe siècle. Il est également l’auteur de deux romans, Côte-des-Nègres et Bouche-à-bouche. La Faucille et le condor est son premier essai.

Table des matières

Remerciements

Liste des sigles

Introduction Format PDF

Méthode et contexte

La théorie du discours social

L’imagologie dans la théorie du discours social

Le corpus

L’Amérique latine et les écrivains français

Le tiers-mondisme et les intellectuels français

Chapitre I
Émergence (1950-1961)

Du «Nouveau Monde» au «tiers-monde»

L’Amérique latine comme enfer

Retour identitaire

Transfert d’idéaux

Chapitre II
Apogée (1962-1974)

A. Le système du tiers-mondisme

L’argumentation tiers-mondiste et ses emprunts au christianisme

La perte de légitimité du sujet européen

Espaces et figures du tiers-mondisme

La figure de «Che» Guevara

Circulation et légitimité du tiers-mondisme

B. Le féminisme à l’épreuve

Machisme et tiers-mondisme

Portraits du Latino-américain en guérillero séducteur

Révolutionnaires et féministes : de la combattante à la prostituée

C. Synthèse générique et discursive

Le roman tiers-mondiste

L’essai tiers-mondiste

Les emprunts au discours latino-américain

Chapitre III
Décomposition (1975-1985)

Un contexte paradoxal

La contestation du tiers-mondisme

Espaces et représentations

La «débâcle» du tiers-mondisme

Les discours de substitution

Le «Sud»

Conclusion

Bibliographie

Index

Comptes rendus

Canadian journal of Latin American and Caribbean studies / Revue canadienne des études latino-américaines et caraïbes, vol. 31, no 62, juillet 2006, p. 291-294 (Ricardo Peñafiel)

COnTEXTES, 11 novembre 2007 (Kristine Vanden Berghe)

Revue de littérature comparée, vol. 82, no 326, avril-juin 2008, p. 229-230 (Daniel-Henri Pageaux)

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Diffusion et distribution




Couverture de Yan Hamel (2006) Hamel, Yan, la Bataille des mémoires. La Seconde Guerre mondiale et le roman français, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2006, 406 p. ISBN : 2-7606-2011-5; 978-2-7606-2011-7. (34,95 $ / 31 euros)
  Mention honorable, prix Raymond-Klibansky de la Fédération canadienne des sciences humaines (2007-2008)

Quatrième de couverture

La Seconde Guerre mondiale est un des événements les plus traumatiques vécus en Europe au cours du XXe siècle. C’est aussi l’un des plus commentés, discutés, mis en récit. C’est précisément à l’étude de ces romans que se consacre Yan Hamel dans la Bataille des mémoires.

Cette étude est nécessaire parce que plusieurs des plus grands écrivains contemporains ont essayé de donner un sens à ce qui ne paraissait pas en avoir. La Bataille des mémoires fait entendre les voix de Vercors et de Julien Gracq, de Lydie Salvayre et de Marguerite Duras, de Romain Gary et de Louis-Ferdinand Céline, de Jorge Semprun et de Jean Rouaud, de Jean Genet et de Michel Tournier, sans oublier celles de Simone de Beauvoir, Roger Nimier, Riger Vailland, Marcel Aymé, Claude Simon et Patrick Modiano.

Il fallait aussi se pencher sur leurs œuvres, car elles soulèvent des problèmes fondamentaux. Comment arrive-t-on à dire ce qui paraît si difficile à dire : la guerre, la mort, l’oubli ? Que peut la littérature devant une tragédie comme celle des années 1939-1945 ? Les écrivains peuvent-ils rester à l’écart des drames de leur époque et ne pas s’engager ?

Voici quelques-unes des questions difficiles, et essentielles, auxquelles la Bataille des mémoires apporte des réponses.

Yan Hamel a publié plusieurs articles sur la littérature française contemporaine et il a coédité deux volumes collectifs : Victor Hugo (2003-1802) (2003) et Des mots et des muscles ! (2005).

Table des matières

Remerciements

Liste des abréviations

Introduction Format PDF

La Seconde Guerre mondiale en France de 1945 à nos jours

Un problème de mémoire collective

Romans, mémoires et Seconde Guerre mondiale

La constitution du corpus

Chapitre 1 :
Les héros de la Résistance

Les demandes mémorielles de l’immédiat après-guerre

Poétique du roman résistancialiste

Conditions d’émergence du roman résistancialiste

Un temps particulier

Les personnages

Les malfaiteurs

Les victimes

Les bienfaiteurs

L’action et la justice

Cohérence et ouvertures du roman résistancialiste

Chapitre 2 :
La guerre des médiocres

Le roman comme réponse

Stratégies d’énonciation

Les motifs de l’antirésistancialisme

Une guerre si douce

Visions de l’humanité

La personne

La société

La nation

Les résistants

Les meilleurs des Hommes

Les représentations de la littérature

Renverser l’antirésistancialisme : le Roi des Aulnes

Chapitre 3 :
La conscience inquiète

La guerre, un motif poétique

La forme négative de l’engagement

Disséminations

La conscience à la dérive

La société atomisée

Compromissions

Écrire la catastrophe

Chapitre 4 :
La mémoire de la mémoire

Des romans du présent

Confusions

Plasticités temporelles

Délitements des espaces et des décors romanesques

Écrire l’indistinction : la Route des Flandres et la Compagnie des spectres

Transmissions

Les communications brouillées

Fonctions sociales du roman mémoriel

Conclusion

Guerre des romans

Guerre du roman

Bibliographie

Index

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Diffusion et distribution




Couverture de Pierre Popovic (2008)

Popovic, Pierre, Imaginaire social et folie littéraire. Le second Empire de Paulin Gagne, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2008, 377 p. Ill. ISBN : 978-2-7606-2037-7. (34,95 $ / 31 euros)

 

Avec une édition numérique, en format PDF, du poème le Suicide (1841).

  Prix Raymond-Klibansky de la Fédération canadienne des sciences humaines (2009-2010)

Quatrième de couverture

L’histoire de la littérature ne se souvient plus guère de Paulin Gagne (1808-1876). Contrairement à Gustave Flaubert, à Louise Colet et à Tristan Corbière, elle ne sait plus rien de l’auteur du Suicide, de la Philanthropophagie, de l’Unitéide et d’Omégar, pour épingler quelques titres d’une production surabondante. Tout au plus, elle le considère comme un «fou littéraire», catégorie floue et par là inopérante.

Au rebours de cette histoire obsédée par les classements et les palmarès, Pierre Popovic montre que Gagne est un «absorbeur sémiotique», qu’il a entendu, et bien entendu, ce que disait l’«imaginaire social» du second Empire et qu’il est donc un excellent révélateur de la culture dix-neuviémiste et de ses fantasmatiques. Pour reconnaître cela, il faut prendre au sérieux les discours de celui qu’on a longtemps décrit comme le poète qui faisait rire de lui.

Lire Paulin Gagne aujourd’hui, c’est dépouiller des journaux, interroger les aliénistes, étudier les chroniqueurs de la vie littéraire, replonger son œuvre dans la masse des discours contemporains. C’est montrer par l’exemple quelle peut être la valeur d’un saut dans l’étrangeté, d’un travail sur le plus déclassé des poètes. C’est le faire dialoguer avec Chateaubriand, avec George Sand, avec Auguste Comte, voire avec les deux Napoléon. C’est accepter d’entendre la douleur du plus isolé des littérateurs. C’est aussi rendre au XIXe français une partie de son épaisseur perdue.

Pierre Popovic est professeur à l’Université de Montréal. Il a notamment publié la Contradiction du poème : poésie et discours social au Québec de 1948 à 1953 (1992), Entretiens avec Gilles Marcotte. De la littérature avant toute chose (1996), Un livre dont vous êtes l’intellectuel (avec Michel Biron, 1998) et le Village québécois d’aujourd’hui. Glossaire (avec Benoît Melançon, 2001).

Table des matières

Introduction Format PDF

Une herméneutique sociale des textes

L’étude des écrivains mineurs : développements récents

Une œuvre ouverte

Le concept d’imaginaire social

En prise sur le second Empire

Disposition

Chapitre premier
Hommages collatéraux. Une catégorie indiscrète : la «folie littéraire»

Une catégorie floue

Historicité, généricité

Ironie herméneutique

Matrice sémiotique

Oxymorons nodaux et contrat pragmatique

Critères d’élection

Lieux communs

Synthèse

Chapitre deuxième
Le suicide et la vertu

Le suicide littéraire en 1841

Titre, structure

Épigraphe

La mutation des héros

Description de l’ennemi

Le bonheur n’est pas une idée neuve

La proximité des traîtres

La conversion

Le nouvel ordre moral

Tous à dos

Filets de sang

Récurrences à suivre

Chapitre troisième
Expériences sociologiques

Un rival malheureux de Flaubert

Limites de la tolérance

Un frère de malédiction : Tristan Corbière

L’aube d’un rayonnement international

Chapitre quatrième
La Fable de la Réparation et du Salut universel

L’avènement du cinquième Empire

La lisibilité des facéties

D’une allégorie, l’autre

La Fable de la Réparation et du Salut universel

L’autel

L’aigle et l’autel

L’aigle, l’autel et la science

L’aigle, l’autel, la science et l’Unitéide

Synthèse

Chapitre cinquième
Extension du domaine de la miséricorde

Le récit de vie d’Omégar

De quelques effets de signature

Excommunications, éreintements

Une poétique conjugale

Chapitre sixième
Portrait de l’artiste en pitre

Le poète et la presse

Mondanités valoises

Projets d’expansion

Une carrière politique

Caricatures

Déplorations éphémères

Socialité et historicité du rire

Chapitre septième
Écrivains et philosophes à lier

Un cas répertorié

Le récit de cas

Au dictionnaire

Une parole inaudible

Chapitre huitième
Un appétit monstre

Généalogie d’une idée très morale

La sphère du désopinable

Visages de l’anthropophage

Le sang des autres

Conclusion

Éléments de bibliographie

1. Corpus primaire

1.1. Œuvres d’Élise Moreau et de Paulin Gagne

1.2. Autres textes considérés

2. Bibliographie secondaire

2.1. Théorie, histoire et critique littéraires

2.2. Généralités (histoire, sociologie)

2.3. Études spéciales (sur des écrivains atypiques, sur les Gagne)

2.4. Notices, répertoires, dictionnaires biographiques et divers

Annexe
Repères chronologiques et biobibliographique

Remerciements

Notice

Index

Comptes rendus

La Recherche. L’actualité des sciences, 20 août 2008 (Anouck Cape)

Cahiers de l’Institut international de recherches et d’explorations sur les fous littéraires, 02, 2008, p. e-f (Tanka G. Tremblay)

COnTEXTES, 7 janvier 2009 (Sarah Sindaco)

McGill Sociological Review, 1, janvier 2010, p. 69-70 (Nicolina Katinakis)

University of Toronto Quarterly, 79, 1, hiver 2010, p. 165-168 (Roland Le Huenen)

 

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Diffusion et distribution




Couverture de Guillaume Pinson (2008)

Pinson, Guillaume, Fiction du monde. De la presse mondaine à Marcel Proust, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2008, 365 p. Ill. ISBN : 978-2-7606-2078-0. (34,95 $ / 31 euros)

 

Finaliste, prix Victor-Barbeau de l’Académie des lettres du Québec, 2009

Prix de l’Association canadienne d’études francophones du XIXe siècle (ACÉF XIX), 2010


Quatrième de couverture

Ce livre veut répondre à deux questions : «Que sait le roman de la mondanité ?» et «Que sait la mondanité du roman ?», cela à la fin du XIXe et au début du XXe siècle en France. La réponse passe par le croisement de deux ensembles de textes. Le premier est un corpus romanesque : on y rencontre Paul Bourget, Edmond de Goncourt, Maupassant, Romain Rolland, Colette, Gide, beaucoup d’autres. Le second est un corpus médiatique : la presse mondaine parisienne et provinciale, du grand quotidien à la petite feuille, qui parle de mode, de sport, de villégiature, de vedettariat, qui regorge de potins et d’échos, qui multiplie les portraits, qui expose le Grand monde au regard de tout un chacun.

Cette rencontre peut paraître inattendue : les études littéraires ont souvent tendance à regarder de haut le discours médiatique, réputé éphémère, léger, anecdotique. Fiction du monde montre au contraire qu’il est indispensable de prendre ce discours au sérieux si l’on veut comprendre comment, au tournant des années 1900, on passe d’une culture de classe à une culture de masse, d’une sociabilité de la proximité à une sociabilité de la distance.

Ce passage, on ne le saisit jamais mieux que dans À la recherche du temps perdu. Le cycle romanesque de Proust est le chant du cygne d’une culture et l’incarnation d’une autre, inouïe celle-là. Elle est toujours la nôtre.

Guillaume Pinson est professeur au Département des littératures de l’Université Laval (Québec). Il a publié des articles dans Études françaises, Tangence, French Studies, French Forum et d’autres revues. Fiction du monde est son premier livre.

Table des matières

Introduction
Monde, médias, médiations

Première partie
Journal et mondanité

Premier chapitre
Le monde dans un journal

Les sociabilités mondaines

Entres pratiques et représentations

La sociabilité médiatique

La presse mondaine : essai de typologie et de poétique

Vue d’ensemble du corpus

Doxa et fonctions symboliques

Une poétique du désordre

Deuxième chapitre
Des grands genres mondains

Le carnet mondain vers 1890

Petite histoire de la rubrique

Poétique du carnet mondain

La mondanité spectaculaire : l’exemple de Je sais tout

Grands événements

Une époquemémorable

Le temps du récit

Un défilé ostentatoire

La visite mondaine : Marcel Proust journaliste

L’écrivain-journaliste

Poétique de la visite mondaine

Entre histoire et immédiateté, les tentations de la fiction

La chronique

Organiser le désordre

Jubilations de l’écriture

Réflexions et angoisses médiatiques

Troisième chapitre
Vedettariat, anonymat

Arbitres de l’élégance

Personnalités du Tout-Paris

Poètes du monde

Les feux de la rampe

Contrepoint : l’anonymat

Pour Madame : des émotions…

… et des chiffons

Quatrième chapitre
Espace et temps

Paris, capitale élégante et mondaine

La «Saison» et le temps du monde

Sports et villégiatures

Sports mondains

Les mondains à la plage

Cinquième chapitre
Une esthétique du minuscule

Le microrécit

Entre conversation et fiction

Rumeurs et anecdotes

Récit minuscule, poésie sur rien

Le monde dans un détail

Vers de circonstance

Synthèse : le journal, «un texte sous tension»

Seconde partie
Fiction du monde

Sixième chapitre
Les romans d’un monde clos

Le roman, genre médiatique

Le roman mondain

Procédés du roman mondain

Le monde clos

Le romancier, entomologiste social

Mondanité, identité et dépossession

Septième chapitre
Journal du roman, roman du journal :
vers le décloisonnement

Le journal dans le roman mondain

Mises en abyme

Indices de publicité

Le roman dans le journal : réfractions, diffractions

Journal et mondanité dans le roman picaresque fin de siècle

Huitième chapitre
Sortir du monde

Solitudes au cœur du monde

Christophe et Claudine

Le journal de Célestine

La fenêtre du salon donne sur le paysage

La fin du monde

Épilogue : Journal et mondanité imaginée chez Marcel Proust

Conclusion
Le Führer reçoit

Bibliographie

Bibliographie primaire

I. Journaux, presse périodique

II. Recueils d’articles et de chroniques

III. Monographies sur la mondanité

IV. Mémoires et souvenirs

V. Fiction

Bibliographie secondaire

Remerciements

Notice

Index

Table des illustrations

 

Comptes rendus

Le Devoir, 15-16 novembre 2008, p. F26 (Michel Lapierre)

Au fil des événements. Le journal de la communauté universitaire, Université Laval, 4, 14, 4 décembre 2008 (Pascale Guéricolas)

Québec français, 152, hiver 2009, p. 6 (Carole-Anne Tanguay)

@nalyses, 10 mars 2009 (Yves Thomas)

Le Temps des médias, 11, 2, 2008, p. 255-258 (Gilles Feyel)

Histoires littéraires, 36, 2008

Revue d’histoire littéraire de la France, 109, 2, 2009, p. 468-470 (Denis Pernot)

Romantisme, 146, 4e trimestre 2009, p. 145-146 (Judith Lyon-Caen)

COnTEXTES, 24 septembre 2010 (Clara Édouard)

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Diffusion et distribution




Couverture de Genevieve Lafrance (2008)

Lafrance, Geneviève, Qui perd gagne. Imaginaire du don et Révolution française, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2008, 357 p. ISBN : 978-2-7606-2131-2. (34,95 $ / 31 euros)

 

Quatrième de couverture

Culture, politique, société, famille : la Révolution française marque un tournant sur tous les plans. C’est aussi vrai du don, puisqu’au lendemain de 1789 une question inédite se fait entendre. Qu’arrive-t-il quand ceux qui ont l’habitude de donner (les nobles) se retrouvent obligés, pour survivre, de recevoir les largesses d’autrui ?

Pour répondre à cette question, Geneviève Lafrance a analysé la représentation des dons dans cinq romans parus à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Elle a aussi voulu savoir ce que pensaient les pouvoirs révolutionnaires de la bienfaisance, de la charité, de la dot, du legs. C’est du croisement de ces réflexions — les romanesques comme les juridiques — que naît l’étonnant portrait d’une époque où les dons sont souvent impuissants à rendre heureux ceux qui les reçoivent comme ceux qui les font.

Chacun à sa manière, Gabriel Sénac de Meilhan, Isabelle de Charrière, Joseph Fiévée et Germaine de Staël mettent en cause l’idéal bienfaisant qui caractérisait le siècle des Lumières. Ils nous obligent par là à réfléchir à ce que donner veut dire, hier comme aujourd’hui.

Geneviève Lafrance est chercheuse postdoctorale à Columbia University à New York. Elle a édité deux ouvrages collectifs et elle a publié des articles dans Voix et images, Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, Annales Benjamin-Constant, Contextes et Cahiers staëliens. Qui perd gagne est son premier livre.

En 2008, la thèse dont est tiré ce livre a reçu le Prix d’excellence de l’Académie des grands Montréalais dans la catégorie Sciences humaines et sociales, arts et lettres.

Elle a aussi représenté l’Université de Montréal au concours de la meilleure thèse de la Northeastern Association of Graduate Schools (2008-2009).

 

Bienfaisance et Révolution

Corpus

Interdiscours

Bienfaisance et don

Chapitre I
L’Émigré, ou l’art de recevoir

«Pour l’honneur de l’humanité»

Première loi : penser la réciproque

Deuxième loi : le don comme restitution

Troisième loi : taire le nom

Quatrième loi : retransmettre

La lettre comme don

Racheter ses dettes au champ d’honneur

Chapitre II
Trois femmes : le don désenchanté

«Qu’est-ce donc que cette harpe ?» Enquête sur l’origine de quelques dons

Le don, la faute, l’oubli

Le prix des dons (I)

«Qu’il est difficile de faire le bien!»

Bienfaisance et illusion

Chapitre III
Les dons imprévus de Suzette

Recevoir son dû

La logique législative à l’épreuve du romanesque

La bienfaisance, une dangereuse pratique ?

Qui perd gagne

Une solution féminine à l’incurie paternelle

La dot en question

Chapitre IV
Les revers de la bienfaisance : de Delphine à Corinne

La liberté de donner

Un don conflictuel

Alliances

Le prix des dons (II)

Corinne, ou le don de l’oubli

Conclusion

Bibliographie

Corpus primaire

Études critiques

Remerciements

Index

 

Comptes rendus

Acta Fabula, 16 novembre 2009 (Florence Magnot-Ogilvy)

Annales Benjamin-Constant, 34, 2009, p. 211-214 (François Rosset)

Revue d’histoire littéraire de la France, 109, 4, 2009, p. 963-964 (Gérard Gengembre)

Revue du MAUSS, 33, 1, 2009, p. 455-456 (Jacques T. Godbout)

Studi Francesi, 160 (LIV, 1), janvier-avril 2010 (Maurizio Melai)

Revue d’histoire littéraire de la France, 111, 1, janvier 2011, p. 115-122 (Michel Delon)

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Diffusion et distribution




Couverture de Joel Castonguay-Belanger (2008)

Castonguay-Bélanger, Joël, les Écarts de l’imagination. Pratiques et représentations de la science dans le roman au tournant des Lumières, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2008, 365 p. Ill. ISBN : 978-2-7606-2117-6. (34,95 $ / 31 euros)

  Entendre une entrevue avec l’auteur

Mention honorable, prix Raymond-Klibansky de la Fédération canadienne des sciences humaines (2009-2010)


Quatrième de couverture

En 1775, à Paris, paraît un roman intitulé le Philosophe sans prétention. L’auteur de ce «roman chimique» est Louis-Guillaume de La Folie, membre de l’Académie de Rouen et interlocuteur de quelques-uns des principaux chimistes de son temps. Du roman au mémoire académique il n’y a qu’un pas : monsieur de La Folie invite ses lecteurs à consulter à la fois sa fiction et ses textes savants pour y trouver les démonstrations de ses théories.

Son attitude est exemplaire de celle de plusieurs romanciers et scientifiques de la fin de l’Ancien Régime. Pendant que certains se méfient des «écarts de l’imagination», d’autres, au contraire, croient que le roman a quelque chose de propre à dire sur les sciences et leur avancement. Ce sont les représentations proposées par les uns et par les autres que met en lumière Joël Castonguay-Bélanger.

Qui sont ces romanciers et ces scientifiques ? On croise dans les Écarts de l’imagination Buffon et Bernardin de Saint-Pierre, Lavoisier et le marquis de Sade, Condorcet et Rétif de La Bretonne, Lamarck et Casanova, sans oublier quelques savants fous et des charlatans comme Mesmer. Tous ces gens se sont passionnés pour le mouvement des marées, l’ascension des premiers ballons et les théories de la reproduction. Entre boudoirs et laboratoires, ils ont voulu comprendre l’attraction des corps, au sens newtonien comme au sens libertin. Les «pyrogues aérostatiques» les intéressaient autant que les voyages au centre de la terre. Pour eux, un «amusement» pouvait être «physique» et «géométrique».

Ils ont vécu à une époque, la fin du XVIIIe siècle, traversée de révolutions. Celles-ci ont été politiques, scientifiques, littéraires. Le moment était venu de les embrasser d’un seul regard.

Joël Castonguay-Bélanger est chercheur postdoctoral à Stanford University. Il a publié des articles dans Eighteenth-Century Fiction, Études françaises et PFSCL. Les Écarts de l’imagination est son premier livre.

En 2008, la thèse dont est tiré ce livre a reçu le prix de la meilleure thèse de la Faculté des études supérieures et postdoctorales de l’Université de Montréal dans le domaine des sciences humaines, arts et lettres, ainsi que le prix de la meilleure thèse en cotutelle France-Québec décerné par le ministère des Relations internationales du Québec et par le Consulat général de France à Québec.

 

Remerciements

Les sciences en révolution

Un roman scientifique ?

Première partie

Premier chapitre
L’indésirable alliance de la science et des lettres

La fin d’une époque

La mort de Buffon

L’éternel procès de l’imagination

L’imagination selon Lamarck

Les idées et les mots

Une langue propre

Critique de la pensée spéculative

La plus-value romanesque

Deuxième chapitre
Usages du roman

Le roman et la vulgarisation

La science en partage

La plume pédagogique des romanciers

Le roman apologétique

Une «saine physique» au service de la foi :
Les Helviennes de l’abbé Augustin Barruel

Le roman contre-révolutionnaire de l’abbé Balthazard

Le roman comme tribune

Le roman laboratoire de Louis-Guillaume de La Folie

Bernardin de Saint-Pierre ou le sort de Galilée

Les leçons de physique de Rétif de la Bretonne

Le petit traité de magnétisme animal de Charles de Villers

Deuxième partie

Troisième chapitre
Du boudoir au laboratoire

Les mystères de la génération

Incertitudes théoriques d’Hippocrate à Buffon

Rideau levé sur les «funestes secrets»

Quand la physique s’invite dans le lit conjugal

Spallanzani ou la fin des maris

Plaisirs électriques

Quatrième chapitre
Voyages extraordinaires

L’invention d’une bulle de savon

Le rêve d’Icare

Une envolée d’enthousiasme

Le roman à la conquête du ciel

Un nouvel espace d’aventures

Sic itur ad astra

L’avenir du ballon

Une utilité incertaine

Un problème de direction

Cinquième chapitre
Portraits de savants

L’homme de science et son double

Le culte du grand homme

Charlatans et savants fous

La science désenchantée

Vaines bibliothèques

Mélancolie du savoir

Conclusion

Bibliographie

Corpus primaire

Corpus secondaire

Index

Table des illustrations

 

Comptes rendus

Acta Fabula, 7 février 2009 (Suzanne Dumouchel)

COnTEXTES, 24 février 2009 (Valérie Stiénon)

@nalyses, 1er septembre 2009 (Maxime Prévost)

Dix-huitième siècle, 41, 2009, p. 701-702 (Jacques Guilhaumou)

Annales historiques de la Révolution française, 357, juillet-septembre 2009, p. 181-182 (Isabelle Laboulais)

Modern Language Review, 105, 1, janvier 2010, p. 247-248 (Malcolm Cook)

University of Toronto Quarterly, 79, 1, hiver 2010, p. 154-161 (Swann Paradis)

Revue d’histoire littéraire de la France, 111, 1, janvier 2011, p. 115-122 (Michel Delon)

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Diffusion et distribution




Couverture de Michel Porret (2008)

Porret, Michel, Sur la scène du crime. Pratique pénale, enquête et expertises judiciaires à Genève (XVIIIe-XIXe siècle), Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2008, 278 p. Ill. ISBN : 978-2-7606-2077-3. (34,95 $ / 31 euros)

 

Quatrième de couverture

Comment peut-on passer d’une justice arbitraire à une justice rationnelle ? Voilà une des questions que se sont posées, au XVIIIe siècle, ceux que l’on appelle aujourd’hui les Philosophes. Leur volonté générale de réforme de la société et de ses institutions s’accompagnait d’une réflexion sur le crime et sa gestion. La ville de Genève a été un des laboratoires de cette réflexion.

Michel Porret montre que ce projet de réforme judiciaire suppose une chose essentielle : pour qu’une justice plus rationnelle soit possible, il faut «qualifier» le crime, en établir les «circonstances», atténuantes ou aggravantes. Ce sera à l’expert de le faire. À partir du siècle des Lumières, on le convoquera sans cesse sur la scène du crime. Qu’il s’agisse de tromperie, de commerce du livre dangereux, de viol, de suicide ou de mort violente, l’expert est partout.

Mais comment saisir son rôle ? Les archives judiciaires genevoises regorgent de récits par lesquels on assiste à la transformation de la façon de rendre la justice à la fin de l’Ancien Régime. Elles révèlent aussi la détresse des petites gens devant les drames dont ils sont victimes. Mêlées à celle des experts et des théoriciens du droit, c’est leurs voix que Michel Porret fait enfin entendre.

Michel Porret est professeur d’histoire à l’Université de Genève. Son ouvrage le Crime et ses circonstances. De l’esprit de l’arbitraire au siècle des Lumières selon les réquisitoires des procureurs généraux de Genève (1995) lui a valu le prix Montesquieu de l’Académie Montesquieu de Bordeaux. Il a également publié Beccaria. Le droit de punir (2003) et l’Homme aux pensées nocturnes (2001) et il a édité plusieurs volumes collectifs sur le XVIIIe siècle.

 

Abréviations

Introduction Format PDF
La justice entre magistrats et experts

Les circonstances du crime

Le livre incriminé

Experts

Science, vérité, justice

Première partie
Les circonstances du crime

Chapitre 1
Magie et superstitions : le « menu peuple » abusé

De sorcière à devineresse

Grimoires et Clavicules de Salomon

Imaginaire divinatoire, criminalité astucieuse

Le règne de la superstition est passé

Chapitre 2
Enrôlement de mercenaires : l’État défié

Traqué comme une bête

Un délit doublement qualifié

Motivations des enrôlés

Le pacte de recrutement

L’aventurier Sans Façon

Protéger les individus

Chapitre 3
Vol domestique : le maître trompé

Le poids de la domesticité

Les circonstances du vol domestique

Chapitre 4
Rapt de séduction : la jeune fille mal gardée

La jeune fille mal gardée

Colette Schweppe, l’enfant ravie

Le père contre le séducteur

Deuxième partie
Édition-combustion

Chapitre 5
La police de la librairie

Censure

Fréquence de la censure

Le réquisitoire du procureur général

Le paradoxe de la censure 

 

Chapitre 6
Expertises typographico-légales

Gabriel Grasset sur la sellette

L’expertise typographico-légale

Pages mouillées

Feuilles de maculatures, indices typographiques

Corps du livre, corps du délit

Chapitre 7
Le livre obscène

L’obscénité

Écrits scandaleux

L’affaire du Gazetier cuirassé

Troisième partie
Le corps en preuve

Chapitre 8
Magistrats et experts : le paradigme médico-judiciaire

Médecine judiciaire

Science, vérité, justice 

La révolution inquisitoire et le champ, médico-judiciaire

Les experts sur la scène publique du crime

La science positive 

Chapitre 9
Crimes sexuels : le corps outragé 

Le crime cruel

Les circonstances aggravantes du viol

Le corps souillé et outragé

Le remède pire que le mal

Le rapport de l’expert

Chapitre 10
Sur le théâtre du suicide

Un crime de «lèse-majesté humaine»

Trois cents suicidés

La missive de la dernière heure

L’œil du légiste

Le mode opératoire 

Le suicide des plus âgés 

Souffrance 

Briser le lien social

Chapitre 11
Sur la scène de la noyade

Prévention, sauvetage

Observer le cadavre du submergé

Symptômes de la noyade 

Domestiquer l’eau vive

Chapitre 12
Topographie judiciaire : l’état des lieux du crime

Indices matériels, vestiges du crime

Meurtre sur la grève d’une rivière

L’affaire Corboz : l’empreinte sanglante

Les signes de la violence : l’objectivité à charge 

Chapitre 13
Le crime de Coutance : la scène du quadruple égorgement nocturne

Le drame de la nuit 

Funérailles dans une ville émue 

Instruction judiciaire, querelle des experts

Guérie et libre

«Rien ne parle à mon âme»

Conclusion
La transition judiciaire des Lumières

Notice

Index 

Table des illustrations

 

Comptes rendus

L’Histoire, 341, avril 2009, p. 3

La Tribune de Genève, 7 août 2009 (Estelle Lucien)

Dix-huitième siècle, 41, 2009, p. 726 (Lise Andriès)

Acta Fabula, notes de lecture, 30 mars 2010 (Lucien Castex)

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Diffusion et distribution




Couverture de Marion Froger (2009)

Froger, Marion, le Cinéma à l’épreuve de la communauté. Le cinéma francophone de l’Office national du film. 1960-1985, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2009, 292 p. ISBN : 978-2-7606-2154-1. (34,95 $ / 31 euros)

 
Prix du Canada en sciences sociales de la Fédération canadienne des sciences humaines (2011)

Quatrième de couverture

Du tournant des années 1960 jusqu’au début des années 1980, une génération de cinéastes a œuvré au sein de l’Office national du film pour jeter les bases du cinéma québécois. L’auteure met l’accent sur la dimension communautaire du travail de ces cinéastes et sur le désir de communauté du public de cette époque. Grâce à une approche interdisciplinaire, elle dévoile les fondations d’une cinématographie de proximité qui fait une large place à la production de lien social. À l’issue de son enquête, elle fait ressortir l’inscription décisive de la socialité du don dans l’esthétique des films de cette période déterminante de l’histoire du cinéma québécois, et tout particulièrement dans ceux de Pierre Perrault.

L’étude de la cinématographie québécoise permet de comprendre la fabrication du film et sa réception comme une épreuve de la communauté que vivent les filmeurs, les filmés et les spectateurs. C’est toute l’expérience relationnelle à la base du documentaire qui est ici repensée comme composante esthétique du film.

Marion Froger est professeure adjointe au Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques de l’Université de Montréal. Elle a codirigé deux ouvrages collectifs sur l’intermédialité, elle a publié des articles dans les revues Cinémas, Intermédialités, Visio et Possibles, et elle a contribué à plusieurs ouvrages collectifs sur le cinéma documentaire. Le cinéma à l’épreuve de la communauté est son premier livre.

Table des matières

Introduction Format PDF

Le contexte sociopolitique

Les pratiques collaboratives

La réception dans le milieu francophone

L’expérience esthétique

La communauté, en passant par le lien

Première partie
Institutions sociales et communautés

Le lien social au Québec au tournant des années 1960

L’État-providence

Le choc du terrain

L’enjeu démocratique

Politique culturelle, structure de champ et société liminaire

Première contradiction : art du documentaire et art documentaire

L’ambiguïté des politiques culturelles fédérales

Le Refus global contre la communauté

Le commerce ordinaire

Logique de champ contre société liminaire

La construction du monde commun : espace et débat public

L’auteur des documentaires : un acteur de l’espace public

La place du documentariste dans le débat public

Un espace public pluriel : la tentative perraldienne en Abitibi

Deuxième partie
Pratiques, dispositifs et sémiotique

Introduction

Création collective et milieux alternatifs

La communauté du film

L’implication des personnes filmées

Diffusion et usages des médias

Les stratégies de diffusion et le gain de sociabilité

Circulation des films

Des modèles de sociabilité

Le schème de la familiarité

Le rapport de proximité

Dispositifs de médiation

La feintise

La compassion

Le ludique

Sentiment de communion et bain communautaire

La vulnérabilité

L’enchantement

La remédiation

La sémiotique relationnelle

Les signes

Une génération d’agents, d’acteurs et de spectateurs

Un corpus de films dans un réseau de signes relationnels

Aspect relationnel de l’intertextualité

Les signes de l’événement relationnel

Ouverture et fermeture des réseaux sémiotiques

Les indices

Les adresses

Dynamique de l’espace sémiotique commun

Troisième partie
L’esthétique et l’épreuve de la communauté

Sensibilité communautaire

La théorie du reflet

Une communauté en souffrance

Nous, personnages / spectateurs

Anthropologie du lien sur le terrain documentaire

Le rapport de don entre le spectateur, le filmeur et le filmé

Le cinéaste, la personne filmée et le spectateur en homo donator

Le don du film

Jugement esthétique à fondement éthique

Jacques Derrida et Stéphane-Albert Boulais : la reconnaissance du film comme don

La mise en récit du don

Esthétique de la réception

Conclusion

Bibliographie

Filmographie

Index

Comptes rendus

Voir, 8 juillet 2010 (Manon Dumais)

Globe. Revue internationale d’études québécoises, 13, 1, 2010, p. 184-188 (Mélissa Thériault)

University of Toronto Quarterly, 81, 3, été 2012, p. 477-481 (Olivier Côté)

French Studies, 66, 4, octobre 2012, p. 587 (Craig Moyes)

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Diffusion et distribution




Couverture de Sylvain Schryburt (2011)

Schryburt, Sylvain, De l’acteur vedette au théâtre de festival. Histoire des pratiques scéniques montréalaises. 1940-1980, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2011, 395 p. Ill. ISBN : 2-978-7606-2240-1. (34,95 $ / 31 euros)

 

Finaliste, Prix du Canada en sciences humaines 2013

Prix du meilleur ouvrage en théâtre québécois décerné par la Société québécoise d’études théâtrales (SQET), ex æquo, 2014


Quatrième de couverture

Qu’est-ce qui a changé sur les scènes de théâtre à Montréal entre 1940 et 1980 ? Dans quelles circonstances la mise en scène au sens moderne du terme est-elle apparue au Québec ? Comment et sous quelles influences croisées s’est-elle transformée depuis son émergence dans les années 1940 jusqu’à sa contestation par les collectifs de création des années 1970 ? Quel type de jeu de l’acteur, d’esthétique scénique, de répertoire privilégiait-on et pourquoi ? Voilà des questions auxquelles Sylvain Schryburt répond dans cette première histoire des pratiques scéniques montréalaises au XXe siècle.

Nourri par d’abondantes sources archivistiques, illustré de photographies rarement ou jamais publiées, cet ouvrage fait revivre quarante années d’activité théâtrale montréalaise. Il raconte les grandes troupes comme les petites, il fait entendre des voix connues et d’autres qui le sont moins, il dresse la cartographie d’un théâtre en pleine ébullition dont il ne reste aujourd’hui que quelques échos lointains.

Professeur au Département de théâtre de l’Université d’Ottawa, Sylvain Schryburt a été rédacteur en chef de la revue L’Annuaire théâtral et critique aux Cahiers de théâtre Jeu. Entre l’histoire et l’essai critique sur les pratiques scéniques les plus contemporaines, ses travaux portent sur les relations entre l’esthétique et l’institution théâtrale. De l’acteur vedette au théâtre de festival est son premier livre.

Table des matières

Remerciements

Une histoire des pratiques scéniques du passé Format PDF

L’émergence du metteur en scène (1937-1952)

Un champ théâtral embryonnaire

Émergence d’une nouvelle sensibilité théâtrale

Le répertoire

Le jeu de l’acteur

L’expérience théâtrale à l’Arcade : l’impossible vraisemblance

L’Équipe de Pierre Dagenais : un réalisme poétique

La veine réaliste

Vers un théâtre poétique : le cas d’Un songe de nuit d’été

La fin de L’Équipe et l’essor des Compagnons de saint Laurent

Les Compagnons de saint Laurent d’Émile Legault

Un praticien de l’écrit

Le projet des Compagnons : concilier éthique et esthétique

Le projet de Legault à l’épreuve des traces

«[M]esurer l’énorme distance qui sépare […] l’idéal de la réalité»

Une période transitoire : d’un régime théâtral à l’autre

Le régime de l’acteur vedette

Le régime du metteur en scène (première génération)

Un modèle de pureté (1951-1960)

Question de périodisation

Le mouvement d’institutionnalisation du théâtre

La professionnalisation des acteurs de théâtre

Une compagnie sans projet propre?

L’épure comme modèle du jeu professionnel

Pour une mise en scène transparente

Les pressions de la marge (1958-1969)

La fin du champ embryonnaire

LES SCÈNES ÉTABLIES

La fin ambiguë du règne de Jean Gascon

L’obligation de poursuivre sur la lancée des années 1950

Sur la voie du spectacle à grand déploiement

LES THÉÂTRE DE POCHE

Les innovations de la marge (1955-1969)

Des lieux d’échanges et d’expérimentations pour la jeunesse montréalaise

Troupes et répertoires d’avant-garde

La posture d’amateur : un visage rassurant sur un répertoire dérangeant

L’acteur amateur : une brèche dans l’élégance professionnelle

Les Apprentis-Sorciers et le retour à la stylisation

Les Saltimbanques et la veine artaudienne

Les nouveautés scéniques

Nourrir le théâtre par l’apport d’autres disciplines

Autres nouveautés

Décloisonner le sens par fidélité au texte

JEAN-LOUIS ROUX À LA TÊTE DU THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE

Repositionner le «théâtre à papa» dans le champ montréalais des
années 1960

Le Théâtre (populaire) du Nouveau Monde selon Jean-Louis Roux

Un répertoire (étranger) du temps présent

Quel public pour le théâtre populaire?

Quand le théâtre populaire flirte avec la recherche

S’approprier le répertoire étranger : transposition, adaptation

Dans les pas des avant-garde

Les nouveaux critiques du Nouveau Monde

Vers une nouvelle configuration du champ théâtral

L’entrée en scène du théâtre québécois (1968-1980)

DE LA POSTURE CRITIQUE DU THÉÂTRE QUÉBÉCOIS

Les forces en présence

Théâtre québécois : théâtre critique

LES SCÈNES INSTITUTIONNELLES

Troupes et répertoires

L’arrivée du metteur en scène pigiste

Les multiples chapeaux de Paul Buissonneau

De l’impureté brute au TNM : le cas de Faut jeter la vieille

Dans les salles institutionnelles et sur les plateaux de l’avant-garde : la formation d’André Brassard

Un théâtre sacré

Le sacre du profane

Jean-Pierre Ronfard : repères biographiques

Une autre parole québécoise : Ronfard, Gauvreau et le TNM

Miser sur les moyens propres au théâtre

LE JEUNE THÉÂTRE

Ce qui se cache derrière un nom

Le régime collectif : repenser la répartition des pouvoirs

Particularités de la création collective au Québec : langue et corps de l’«acteur québécois»

Découpage d’un mouvement multiforme : troupes socioculturelles et troupes d’extrême gauche

Un cas exemplaire de la frange socioculturelle : le Grand Cirque Ordinaire

Points de repère historiques

Un théâtre populaire revisité

Forme circassienne, forme épique

Brouiller les frontières entre la fiction et le réel, entre le théâtre et la vie

Scission à l’AQJT : l’extrême gauche théâtrale sur la place publique

Quand le «politique prime volontairement sur le culturel, le fond sur la forme»

Les topoï du théâtre d’extrême gauche

Impact et homogénéisation du Jeune Théâtre

LES GROUPES DE RECHERCHE

Entre le Jeune Théâtre et les troupes établies

Dans le laboratoire du Théâtre expérimental de Montréal

L’autogestion au service de l’expérimentation

Spectacles «traditionnels» et objets théâtraux

Les plaisirs de l’impudeur : le tandem Ronfard-Gravel

Au commencement était le verbe corps : la veine féministe du TEM

À L’AUBE DES ANNÉES 1980

Conclusion

Synthèse des pratiques scéniques et des conventions théâtrales montréalaises : 1940 à 1980

Vers le régime théâtral des festivals?

Bibliographie

Index

 

Comptes rendus

Le Devoir, 20 septembre 2011, p. B7 (Michel Bélair)

La Presse, 23 septembre 2011, cahier Arts et spectacles, p. 7 (Daniel Lemay)

Canadian Literature, 29 mai 2012 (Jean-Marc Larrue)

Jeu. Revue de théâtre, 145, 2012, p. 159-162 (Michel Vaïs)

@nalyses, 8, 1, hiver 2013 (Jean-Pierre Ryngaert)

International Journal of French Studies, 15, 2, 2012, p. 335-336 (Rachel Killick)

Globe. Revue internationale d'études québécoises, 11, 1-2, 2012, p. 352-354 (Hervé Guay)

L’Annuaire théâtral. Revue québécoise d’études théâtrales, 50-51, 2011-2012, p. 213-216 (Alexandre Cadieux)

University of Toronto Quarterly, 82, 3, été 2013, p. 818-820 (Mariel O’Neil Karch)

Le Devoir, 3 décembre 2013 (Alexandre Cadieux)

Theatre Research in Canada / Recherches théâtrales au Canada, 35, 3, 2014, p. 405-407 (Louise Ladouceur)

Collections, 2, 4, août 2015, p. 13-16 (Raymond Bertin)

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Diffusion et distribution



Couverture d'Alex Gagnon (2016)

Gagnon, Alex, la Communauté du dehors. Imaginaire social et crimes célèbres au Québec (XIXe-XXe siècle), Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2016, 492 p. ISBN : 2-978-7606-3687-3. (39,95 $ / 36 euros)

 

Lauréat de mai 2017 du concours Étudiants-chercheurs étoiles des Fonds de recherche du Québec (FRQSC)

Prix Gabrielle-Roy 2016

Prix de l’Association canadienne des études francophones du XIXe siècle

Prix de l’Association des professeur.e.s de français des universités et collèges canadiens (APFUCC) 2016-2017


Quatrième de couverture

On connaît «la Corriveau», sa légende sulfureuse, les grincements de sa cage et les exploits sanguinaires que lui attribue la tradition. Mais on connaît beaucoup moins les crimes illustres du «docteur l’Indienne» (1829), la terreur inégalée qu’ont semée à Québec les «brigands du Cap-Rouge» (1834-1837) et le meurtre inoubliable (1839) par lequel George Holmes a durablement ébranlé la société seigneuriale du XIXe siècle.

C’est l’histoire culturelle de ces figures marquantes, aujourd’hui méconnues mais longtemps obsédantes, que raconte ce livre. On y découvre un ensemble de biographies légendaires : interrogeant le processus par l’entremise duquel ces figures criminelles deviennent célèbres, Alex Gagnon analyse la généalogie de leurs représentations et met en lumière, autour de chacune d’elles, la cristallisation et l’évolution d’une mémoire collective. Au croisement entre le discours médiatique, la tradition orale et la littérature, l’imaginaire social fabrique, à partir de faits divers, de grandes figures antagoniques, incarnations du mal ou avatars du démon.

La perspective est historique, l’analyse, littéraire et l’horizon, anthropologique. Toute société a ses crimes et criminels légendaires : entrer dans ce panthéon maudit, aller à la rencontre de cette communauté du dehors, c’est aussi éclairer et questionner la dynamique fondatrice de nos sociétés, qui produisent de la cohésion sociale en construisant des figures de l’ennemi et de la menace. En ce sens, cet ouvrage ne révèle pas seulement un pan inexploré de l’histoire et de la culture québécoises; il poursuit, en s’appuyant sur des bases historiques concrètes, une réflexion générale sur ce que Cornelius Castoriadis appelait «l’institution de la société».

Docteur en littérature de l’Université de Montréal, où il a aussi été chargé de cours, Alex Gagnon est chercheur postdoctoral à l’Université du Québec à Montréal. La communauté du dehors est son premier livre. Il publiera, en 2017 chez Del Busso éditeur, un recueil d’essais sur la société et la culture contemporaines tiré de ses interventions sur le blogue Littéraires après tout, auquel il collabore activement depuis 2010.

Table des matières

Table des sigles

Prologue

Cage de fer, cage de verre

Introduction

Trois crimes et une histoire culturelle

«Faits divers» et faits mémorables

«Mémoire collective» et transmission

La notion d’«imaginaire social»

Modus operandi

Première partie
La société du dessous

Les brigandages de 1834 et 1835

Chapitre 1
Le «régime des assommeurs nocturnes». De l’anonymat au dévoilemen
t

Le fait divers comme interpellation et sommation

Une innommable terreur

La menace maîtrisée

Urbanités nocturnes. Le «crime» et son champ sémantique

Du fait divers à l’événement historique

Révélations romanesques et engagement philanthropique

Un procès de fictionnalisation

À chacun ses bas-fonds. Un «contre-monde» canadien

Plaidoyer pour une réforme

Récits de crime et justice pénale

Un «roman de l’actualité»

Chapitre 2
Bas-côtés. Poétiques de l’épuration

L’invention des «brigands du Cap-Rouge»

Le crime. Une réalité chronotopique

Le criminel. Variations sur un état de chute

La prison. Entre pitié et répulsion

Forêts et cavernes. La canadianisation des bas-fonds européens

Rire, trembler, pleurer

«Bourreau des peuples». La représentation comme tentation et engendrement

Extension du domaine d’en bas

D’une auberge à l’autre. L’archipel des tapis-francs

Cap-Rouge et Pic-Bleu. Une hétérotopie

De l’alcool et du crime

Une morale de la résignation

Transmission d’un souvenir, persistance d’un imaginaire

Chapitre 3
La Nation contre le crime. Un patriotisme de l’expulsion

De l’exil au royaume. Chambers contre Papineau

Duplicité du criminel (prise quatre)

Splendeurs et misères d’un triomphe

La «nationalisation» des «brigands du Cap-Rouge»

«Brigands du Cap-Rouge» et tradition orale

Le brigand, le diable et l’Anglais

Du moulin du diable aux plaines d’Abraham

Conclusion partielle
La canadianisation d’un imaginaire social

Deuxième partie
Le cimetière imaginaire

Le meurtre de 1829

Chapitre 4
L’influence d’un crime. De la presse au roman

Un tribunal de papier

Figures du diable dans L’influence d’un livre

Contiguïté et continuité narratives

Le corps du crime

Le diable et le meurtrier

La transfiguration fictionnelle de François Marois

Invraisemblance et incohérence. La réception du roman en 1837

Chapitre 5
La fabrication du «docteur l’Indienne». Naissance et diffusion d’une figure légendaire

Une première apparition

Une littérature utilitaire

Le singulier pluriel. Présence(s) du «docteur l’Indienne»

Chirurgie d’un roman, autopsie d’une censure

Les squelettes qui racontent

De la personne au personnage. Une indianisation

«La Corriveau.» Une parente proche

Le «fils assassiné». Un parent éloigné

Quatre facteurs de légendarisation

Chapitre 6
Extension, variations et transmission d’une légende

Les transformations du récit légendaire à la fin du XIXe siècle

Le descendant de Caïn

Trois témoignages de vivacité

«Mouvance» et ubiquité du «docteur l’Indienne»

De la mémoire à l’histoire. La légende pétrifiée

De la consignation à l’objectivation

«Le docteur l’Indienne.» Une démarche de révision

Vestiges. Dans la maison du meurtrier

Conclusion partielle (bis)
L’imaginaire social : un fonctionnement synergique

Troisième partie
Taches rouges sur fond blanc

Le meurtre de Kamouraska

Chapitre 7
Le bruit et le silence. Variations autour d’un scandale

Circulation et fabrication de l’information. Entre bourdonnement et confusion

«Mille contes». L’usage de la rumeur devant un meurtre scandaleux

L’anonyme, le fugitif, l’insaisissable

Solidarités claniques et front familial. Regard sociologique sur l’étouffement d’un scandale

Jeux de pouvoir dans les coulisses de l’enquête

Le procès de 1841

Le Graal maudit. Autodafé et secrets de famille

Pouvoir et mémoire

Chapitre 8
La mémoire confinée. Postérité littéraire et mémorielle au XIXe siècle

Un espace public sous tension. Interférence et coprésence médiatiques

Une «tache de sang dans nos annales»

Une entrée en littérature. De l’«enfer» à la «vie réelle»

La toute-puissance du récit familial

Chapitre 9
De neige et de fureur. Métamorphoses du fait divers dans Kamouraska

Genèse du roman, transformation d’un récit

Une justice de sang. La tache indélébile

Le théâtre des «vieilles familles»

Voix et regards. Une symphonie accusatrice

Conclusion partielle (ter)
L’imaginaire social. Un enjeu de pouvoir

Conclusion
Une communauté du dehors

Figures de l’intolérable

Ennemis imaginaires

Les marges du monde

Ensemble et contre

Remerciements

Index des noms propres

 

Comptes rendus

Entrevue d’Alex Gagnon avec Fabien Deglise, «L’horreur et son souvenir nécessaire», le Devoir, 4-5 février 2017, p. B3.

Daniel Nadeau, «La mémoire collective : l’imaginaire social comme liant du vouloir-vivre ensemble», 25 août 2017 : «C’est fort instructif de parcourir cet essai d’Alex Gagnon, ça nous rappelle que c’est un trait commun pour les sociétés de se fabriquer des ennemis et des menaces, de les entretenir par la rumeur et la tradition orale et de les distiller dans nos œuvres littéraires et nos essais. Ce qui se passe présentement au Québec avec la question du terrorisme musulman et de l’immigration procède de la même méthode. Nous nous fabriquons des ennemis, une communauté du dehors pour vaincre nos peurs et notre insécurité. Lire Gagnon c’est en quelque sorte un exercice de déconstruction du réel par la mise en distance critique de la façon dont est fabriqué notre imaginaire social. Si cela ne change pas nos préjugés sur les sujets d’actualité, cela permet tout au moins d’en relativiser l’importance. Ce qui, par les temps qui courent, est plus nécessaire que jamais pour notre hygiène mentale.»

 

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Diffusion et distribution



 

La collection «Socius» est distribuée au Canada par Socadis (420, rue Stinson, Saint-Laurent, Québec, Canada  H4N 3L7, tél. : 514.331.3300, tél. : 1.800.361.2847 [sans frais], téléc. : 514.745.3282, téléc. : 1.866.803.5422 [sans frais], courriel : socinfo@socadis.com).

Elle est distribuée en France par SODIS (128, av. du Maréchal de Lattre de Tassigny, B.P. 142, 77403 Lagny Cedex France, tél. : 01.60.07.82.99, téléc. : 01.64.30.32.27, courriel : portail@sodis.fr).

Elle est distribuée en Belgique et au Luxembourg par Patrimoine sprl (Rue du Noyer 168, 1030 Bruxelles, Belgique, tél. et téléc. : 02.7366847, courriel : patrimoine@chello.be).

Elle est distribuée en Suisse par SERVIDIS S.A. (Chemin des Chalets, 1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse, tél. : 22.960.95.32, téléc. : 22.960.95.77, courriel : ssandoz@servidis.ch).

Elle est distribuée dans le reste du monde par Exportlivre (289, boul. Desaulniers, Saint-Lambert, Québec, Canada  J4P 1M8, tél. : 450.671.3888, téléc. : 450.671.2121, courriel : cdupuis@exportlivre.com).


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